Presstitution : L’Express trouve la classe politique trop transparente, par Modeste Schwartz

Presstitution : L’Express trouve la classe politique trop transparente, par Modeste Schwartz


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Nicolas Bouzou, du Figaro, était peut-être en congé. Quoi qu’il en soit, c’est un certain Sylvain Fort qui, dans les colonnes de l’Express, s’est acquitté de ses habituelles obligations presstitutionnelles : justifier les connivences des laquais politiques de la Caste, et dénoncer l’immonde populisme qui les amène parfois, sous prétexte de transparence, à renoncer à une manœuvre un peu trop voyante.


Que tout cela ait lieu dans les pages d’une presse aux ordres, maintenue en vie tantôt par la subvention, tantôt par « l’investissement » oligarchique (qui rapporte… quoi, au juste – étant donné que ces titres ont cessé depuis longtemps d’être rentables ?) ne doit néanmoins pas faire oublier que la domesticité politico-médiatique de la Caste, au carrefour du bon vieil antifascisme et des éléments de langage flambant neufs de Davos, a su se doter d’une idéologie qui pourrait presque rendre un tel Sylvain Fort suspect de sincérité.

Comme cette idéologie ne laisse plus aucune place aux loyautés nationales, il est en effet parfaitement logique qu’il trouve scandaleux le retrait de la citoyenne US Fiona Scott, qui a finalement renoncé au poste que lui proposait la Commission Ursula. Comme je l’ai déjà souligné, cette opinion est d’ailleurs dans la droite ligne de l’idéologie de l’Union dite européenne, qui ne s’est jamais proposé d’incarner le nécessaire égoïsme collectif d’un peuple européen – fût-il plurinational. L’UE ne saurait être autre chose qu’une étape préparatoire en vue de l’Etat mondial.

Nous devrions « respecter voire admirer de tels parcours »

Un autre élément de cette idéologie – l’illusion technocratique – explique d’ailleurs que Sylvain Fort trouve tout aussi normal que, dans l’élite politico-économique des post-démocraties, tout le monde soit cousin et conjoint de tout le monde : le nouveau ministre de la Santé Aurélien Rousseau, mari de la N°2 de l’Assistance publique, ou encore le parlementaire Marc Ferracci, « un des meilleurs spécialistes français du marché du travail », fils du PDG d’une entreprise appelée à bénéficier du nouveau dispositif … public qu’il mettait en place.

De ces trois victimes du « populisme », comme par hasard, ce sont les connivents confrontés à d’éventuelles échéances électorales (la Commission « européenne », dans ses petits souliers à l’approche des Européennes de 2024, et le député Marc Ferracci) qui ont fait machine arrière.

A l’abri de l’hyperprésidence, le « grand serviteur de l’Etat » Rousseau, lui, tient bon.


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