Pendant six mois, les habitants du Nord-Atlantique de la Martinique ne pourront plus compter sur les urgences de l’hôpital Louis-Domergue de Trinité la nuit. Depuis le 6 juillet, les admissions sont limitées à 8 h-18 h et le dispositif est prolongé jusqu’au 11 janvier 2027, faute d'urgentistes.
Depuis le 6 juillet 2026, l'hôpital Louis-Domergue de Trinité n'admet plus aucun patient entre 18 heures et 8 heures. Le CHU de Martinique vient de prolonger cette fermeture nocturne jusqu'au 11 janvier 2027, malgré un préavis de grève de la CGTM-Santé fixé au 16 septembre.
Six mois de fermeture nocturne
Le Centre hospitalier universitaire de Martinique (CHUM) avait présenté en juillet cette organisation comme une mesure exceptionnelle liée à une forte tension sur les effectifs médicaux. Mais l’exception s’installe. Initialement envisagée jusqu’au 31 octobre, la fermeture nocturne est désormais prolongée jusqu’au 11 janvier 2027. Entre 18 h et 8 h, les patients doivent appeler le 15 avant tout déplacement : le médecin régulateur décide alors de l’orientation adaptée.

Le CHUM invoque une « démographie médicale défavorable » et reconnaît que les recrutements engagés n’ont pas permis de retrouver un fonctionnement normal. Autrement dit, l’établissement ne dispose tout simplement pas des urgentistes nécessaires pour assurer une permanence complète.
En France, les soins hospitaliers représentaient à eux seuls 120,7 milliards d’euros, dont 93,7 milliards pour l’hôpital public. Pourtant, l’argent dépensé ne garantit pas la présence de médecins là où les patients en ont besoin. En Martinique, le vieillissement démographique accentue encore la pression : l’Insee souligne que les besoins sanitaires progressent tandis que la densité de médecins généralistes reste inférieure à celle de l’Hexagone.
Le monopole hospitalier face à ses propres échecs
Les syndicats contestent cette prolongation. La CGTM-Santé a réactivé un préavis de grève pour le 16 septembre. Le CHUM, lui, affirme que la continuité et la sécurité des prises en charge sont préservées.
La centralisation martiniquaise de la santé, pilotée depuis l'Hexagone via l'ARS et le CHU, révèle ici sa limite structurelle. Quand le recrutement devient impossible, la réponse consiste à réduire l’offre et à demander au patient de s’adapter.En Martinique, la réponse est brutale : pendant six mois, la nuit, les urgences publiques ferment leurs portes.


