Montpellier : 14 heures aux urgences pour une malade du cancer, un matelas sur le parking en guise de lit
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Montpellier : 14 heures aux urgences pour une malade du cancer, un matelas sur le parking en guise de lit

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Le 1er septembre au soir, une patiente de 46 ans atteinte d'un cancer du cerveau à un stade avancé a attendu plus de huit heures aux urgences du CHU Gui de Chauliac, à Montpellier. Incapable de tenir assise, elle est installée sur un matelas posé au sol, sur le parking, faute de brancard disponible. Elle ne rejoindra un service de neurologie que le lendemain à 18 heures. Dans un pays qui consacre 11,4 % de son PIB à la santé, l’hôpital public répond désormais à ce type de drame par une formule devenue classique : « la situation fait l’objet d’une analyse ».

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Quatorze heures d’attente aux urgences, zéro brancard disponible, une direction qui se contente « d’analyser ». Le monopole administré de l’hôpital public ne produit plus que de la pénurie organisée et de l’indifférence institutionnelle.

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Elle ne sera finalement placée sur un brancard qu’à 4h40, sans couverture, sous la climatisation. L’IRM, initialement annoncée plus tôt, n’a lieu qu’à 10 heures. Le déjeuner intervient à 15 heures et le transfert en neurologie à 18 heures.

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Le problème n’est donc pas simplement celui d’un manque abstrait d’argent. C’est celui de l’organisation, de la capacité à transformer des ressources considérables en disponibilité réelle au moment où le patient en a besoin. Le système fonctionne avec ses propres contraintes administratives, ses effectifs sous tension et ses flux saturés, tandis que la responsabilité se dilue entre direction, agences sanitaires, tutelles et ministère.

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Le CHU de Montpellier assure rester « pleinement à l’écoute » de la patiente et de ses proches et indique que la situation fait l’objet d’une « analyse approfondie ». Formule prudente, après le dysfonctionnement vient l’audit, après l’audit viendra probablement le rapport, et après le rapport une nouvelle série de recommandations.

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Lits fermés, personnel en sous-effectif chronique, files d’attente structurelles : le rationnement n’est pas une dérive, c’est le produit direct d’un modèle centralisé qui interdit toute concurrence réelle et toute responsabilité financière. Pendant que les élites multiplient les plans « Ségur », les patients cancéreux dorment dehors.


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