À Villeneuve-sur-Lot, un arrêté municipal signé en juin interdit d'étendre du linge visible depuis la rue dans le centre historique. Motif invoqué : la « tranquillité publique » et l'image touristique de la ville. La police municipale est chargée de verbaliser les contrevenants , y compris dans le quartier prioritaire, où nombre de logements n'ont ni jardin ni sèche-linge.
À Villeneuve-sur-Lot, étendre son linge visible depuis la rue est désormais interdit. Par arrêté signé en juin, le maire invoque le « caractère patrimonial, touristique ou commercial » des lieux et confie à la police municipale le soin de verbaliser. Une nouvelle illustration de ce despotisme doux où le pouvoir local prétend organiser jusqu’aux gestes les plus ordinaires de la vie privée.
Quand le linge devient une affaire de tranquillité publique
L’arrêté concerne le centre-ville, sur les deux rives du Lot. Les habitants ne peuvent plus y faire sécher du linge lorsqu’il est visible depuis l’espace public. La justification avancée relève notamment de la « tranquillité publique », mais aussi de la préservation du caractère patrimonial, touristique et commercial du secteur, selon France 3 Nouvelle-Aquitaine.

Le périmètre ne se limite pourtant pas aux rues commerçantes ou aux façades les plus exposées. Il englobe également le quartier prioritaire, où certains logements ne disposent ni d’un jardin ni d’un sèche-linge.

L’opposition municipale dénonce une « restriction assez forte de la liberté ». La majorité, elle, revendique une inspiration venue de Béziers. La police municipale est chargée de faire respecter l'interdiction.
La liberté quotidienne sous contrôle
Une collectivité peut considérer qu’un vêtement visible depuis une fenêtre constitue une nuisance justifiant une intervention administrative. L’enjeu n’est évidemment pas le coût économique du linge étendu, mais le pouvoir de définir ce qui est acceptable dans l’espace visible depuis la rue.

Cette décision en dit long sur la hiérarchie des priorités.Dans un quartier prioritaire où le sèche-linge électrique reste un luxe pour nombre de foyers, cette esthétisation forcée de l'espace public frappe d'abord ceux qui ont le moins de marge pour s'y soustraire. Le pouvoir municipal, ici, ne recule devant aucun degré de détail pourvu que le geste réglementé soit visible, symbolique, et peu coûteux à faire appliquer.


