Ukraine vs. Iran : la crise du « deux poids, deux mesures »

Ukraine vs. Iran : la crise du « deux poids, deux mesures »


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Pour qui observe avec un tant soit peu de lucidité la comédie du pouvoir, le spectacle est à la fois fascinant et tragique. Nous assistons, en direct, à l’effondrement moral d’une caste politique qui a tenté de faire du « Droit international » une religion universelle en Ukraine, avant de le transformer en variable d’ajustement, voire en absurdité, au Moyen-Orient.

Le Droit international : un totem à géométrie variable

Depuis février 2022, on nous explique — à juste titre sur le plan formel — que la souveraineté de l’Ukraine est sacrée. Vladimir Poutine est le paria, l’agresseur qui viole le jus ad bellum en franchissant une frontière souveraine. La France a alors redécouvert les vertus du droit, des sanctions massives et de l’indignation institutionnalisée.

Mais changez de fuseau horaire, et le logiciel bugge. Face à l'Iran, le « droit de se défendre » d'Israël semble désormais inclure des frappes préventives massives, voire anticipatives, contre un État souverain, en dehors de tout mandat onusien. En juin 2025, puis en février 2026, l'intervention directe du couple Israël-États-Unis a mis fin à la fiction d'un ordre mondial régulé par les normes . Pour les libertariens que nous sommes, le constat est simple : quand la règle ne s'applique qu'à l'ennemi, ce n'est plus du droit, c'est une arme de guerre.

Comparaison des guerres d’Ukraine et de Gaza : La force du droit et le droit de la force - Initiatives pour le Désarmement Nucléaire (IDN)
Résumé Comme le dit le proverbe français, « comparaison n’est pas raison », ce qui signifie qu’il ne faut pas comparer des choses qui ne sont pas comparables afin d’éviter le risque de fausse équivalence. Les conflits en Ukraine et à Gaza qui attirent actuellement l’attention du monde (peut-être au détriment d’autres crises humanitaires au Yémen, au […]

Le palmarès de l'incohérence : ces figures qui nous gouvernent

Il est savoureux de lister les acrobaties rhétoriques de nos « élites » nationales.

  • Benjamin Haddad, le bon élève de la Macronie et de l'atlantisme, est ici en première ligne. Pour lui, la souveraineté ukrainienne est une « valeur fondatrice » de notre démocratie libérale qu'il faut défendre à tout prix . Pourtant, à Gaza, il fut l'un des premiers à s'opposer à un cessez-le-feu dès 2023, justifiant les actions israéliennes par la nécessité de briser un « axe révisionniste ». Chez Haddad, le droit s'arrête là où les intérêts de l'alliance commencent.
  • Éric Ciotti, de son côté, nous joue la partition civilisatrice. S'il reconnaît formellement l'agression russe, il appelle de ses vœux la chute du « régime des mollahs » et apporte un soutien « inconditionnel » aux frappes israéliennes, qu'il qualifie de condition de survie pour le « monde occidental ». On appréciera la nuance : envahir un voisin pour des raisons de sécurité est un crime à Moscou, mais bombarder un pays à 2 000 km pour des raisons de « survie civilisationnelle » devient une nécessité morale.
  • Jordan Bardella pratique un réalisme à éclipses. S’il dénonce l’impérialisme de Poutine pour polir son image, il valide les actions militaires contre l'Iran au nom de la lutte contre « l'islamisme », tout en prônant un retrait stratégique pour nos agriculteurs. Une souveraineté « à la carte » qui sent bon l'opportunisme électoral.
  • Raphaël Glucksmann, enfin, le héraut des droits de l'homme, exige des sanctions totales contre la Russie, mais appelle ouvertement à la chute du régime iranien, préférant la « force » de la démocratie à la « faiblesse » des traités. Pour lui, l'ingérence est un crime à l'Est, mais une vertu au Sud si elle sert le « progrès ».
Personnalité PolitiqueDénonciation Russie/UkraineJustification Israël/IranArgument de Justification
Benjamin HaddadOui (Violation souveraineté)Oui (Droit à l'autodéfense)Menace existentielle globale
Éric CiottiOui (formellement)Oui (inconditionnel)Défense de la civilisation occidentale
Meyer HabibOui (Violation démocratie)Oui (Droit à la survie)Comparaison au combat contre le nazisme
Jordan BardellaOui (Souveraineté nationale)Oui (Lutte anti-islamiste)Sécurité de la diaspora et d'Israël
Yaël Braun-PivetOui (Cadre européen)Oui (Soutien inconditionnel)Solidarité démocratique

Vers le « Zéro Standard » : la fin de la règle du jeu

Quelles conclusions tirer de ce grand écart permanent?

D'abord, que la crédibilité de l'Occident est en ruines. Comme le notent plusieurs observateurs et ONG, le grief du « deux poids, deux mesures » est devenu l'argument massue de ce qu'on appelle le Sud Global. Comment reprocher à la Chine ou à la Russie de piétiner les règles quand nous applaudissons leur violation dès que nos alliés appuient sur la détente ?

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Le 28 février 2026 restera dans les annales diplomatiques comme le jour où l’illusion de la « frappe chirurgicale » s’est fracassée sur les réalités brûlantes du Levant. En lançant l’opération Epic Fury (ou Rising Lion), Washington et Tel-Aviv n’ont pas seulement visé les centrifugeuses de Natanz ou les centres de commandement

Ensuite, nous entrons dans l'ère du « zéro standard ». Le droit international n'est plus un arbitre, mais un département marketing de la puissance. L'Opération Midnight Hammer de février 2026, menée au mépris de l'AIEA et des Nations Unies, marque l'acte de décès du multilatéralisme.

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L’essentiel : Le marché de l’or a franchi un cap historique ce lundi 2 mars 2026, propulsé au-delà des 5 300 $ l’once après des frappes coordonnées des États-Unis et d’Israël contre l’Iran survenues durant le week-end. Pourquoi c’est important : Ce n’est plus une simple spéculation. Le métal jaune s’impose comme la

Pour le citoyen français, le risque est immense. En laissant nos dirigeants substituer la morale de clan au droit universel, nous acceptons un monde où seule la force fait foi. Un monde où l'arbitraire devient la norme. C'est le retour à la loi de la jungle, emballé dans les beaux discours d'un ministre délégué à l'Europe ou d'un député en quête de stature. En Ukraine, nous défendons la loi ; en Iran, nous justifions la force. À la fin, il ne restera ni l'une, ni l'autre.

Le plus surprenant reste la contradiction assumée au sein de nos dirigeants entre une ligne pro-ukrainienne qui s'offusque de voir Poutine utiliser les mêmes méthodes que l'Occident...


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