La séance des questions au gouvernement, mardi 17 février, a été dominée par la mort de Quentin Deranque, 23 ans, décédé après avoir été violemment frappé à Lyon. Le débat a rapidement pris un tour politique. La présidente du groupe LFI, Mathilde Panot, a dénoncé toute implication de son mouvement. Le Premier ministre Sébastien Lecornu lui a répondu avec fermeté, qualifiant ses propos d’« ignobles et abjects ».

La mort du militant nationaliste Quentin Deranque a provoqué une vive confrontation à l’Assemblée nationale. Entre accusations d’instrumentalisation et rappel au refus absolu de la violence, le gouvernement et La France insoumise s’opposent frontalement sur fond d’enquête judiciaire en cours.
Une accusation d’instrumentalisation
À la tribune, Mathilde Panot a affirmé qu’« aucun insoumis n’est impliqué ni de près ni de loin » dans les faits. Elle a dénoncé une tentative de « salir » son mouvement.

Le collectif identitaire Némésis accuse des membres de la Jeune Garde, organisation cofondée à Lyon en 2018 par le député LFI Raphaël Arnault et aujourd’hui dissoute, d’avoir participé aux violences. À ce stade, le parquet n’a confirmé aucune implication politique directe.

La députée du Val-de-Marne a également élargi le débat. Elle a évoqué d’autres violences attribuées à l’ultradroite, notamment l’assassinat du rugbyman Federico Aramburu en 2022. Elle a mis en cause la « responsabilité politique » du gouvernement dans le maintien de l’ordre à Lyon.
La riposte du gouvernement
La réponse du Premier ministre a été immédiate. Sébastien Lecornu a dénoncé une opposition entre « un mort et un autre mort ».
« Le refus de la violence, c’est pour tout le monde, en tout temps, en tout lieu », a-t-il déclaré sous les applaudissements d’élus de la majorité et du Rassemblement national.

Il a appelé La France insoumise à « faire le ménage » dans ses propos et dans ses rangs.
Interpellé par Laurent Wauquiez, il a insisté sur la nécessité de laisser « la vérité judiciaire passer sans aucune pression ».
Enquête en cours et climat sous tension
Une minute de silence a été observée dans l’hémicycle. La présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, a rappelé qu’« personne ne devrait mourir pour ses idées ».

Sur le terrain judiciaire, neuf suspects ont été interpellés parmi eux figure Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault.

Le débat dépasse désormais le seul cadre judiciaire. Il révèle une tension autour des violences politiques en France. Entre dénonciation d’instrumentalisation et exigence de responsabilité, l’exécutif et l’opposition s’affrontent. Reste l’essentiel : établir les faits. Sans pression politique. Sans récupération. Et sans hiérarchie dans l’indignation face à la violence.





