La victoire de Trump nous obligera-t-elle à passer à la retraite par capitalisation ?

La victoire de Trump nous obligera-t-elle à passer à la retraite par capitalisation ?


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Dans cette nouvelle formule du MeyssanQuinzo’, Thierry Meyssan, Edouard Husson et Eric Verhaeghe reviennent sur les élections américaines et sur la possible victoire de Donald Trump. Dans son débat avec Kamala Harris, Trump a répété son intention d’ouvrir une guerre commerciale, tout particulièrement contre les Etats qui ne commercent plus en dollar : ce spays se verraient imposer des taxes protectionnistes de 100% ! Autant dire que la stratégie de Trump obligerait l’industrie européenne à améliorer fortement sa compétitivité… par exemple en se ralliant à la retraite par capitalisation proposée par le rapport Draghi. Est-ce là notre avenir ?

On le sait, une majorité de Français, souvent par ignorance, déteste la retraite par capitalisation et ne cesse de maugréer contre les risques de voir celle-ci s’imposer dans l’Union, ou, en tout cas, en France. Mais, à l’issue du débat entre Kamala Harris et Donald Trump, certaines viennent à l’esprit, assez naturellement, en cas de victoire du candidat républicain.

Celui-ci a en effet redit son intention de mettre en place des barrières protectionnistes destinées à sanctionner les Etats qui n’utiliseraient plus le dollar comme monnaie d’échange. Cette déclaration pose une fois de plus la question de la guerre commerciale que Trump, s’il était élu Président, ne manquerait pas de déclarer pour défendre les principes bien connus de « Make America Great Again » et plus généralement « America First » propre aux « isolationnistes ».

Joe Biden ne s’est d’ailleurs pas tenu à l’écart de cette stratégie, puisqu’il a fait adopter l’Inflation Reduction Act (IRA) qui accorde des subventions généreuses aux industries qui s’installent aux USA pour se décarboner. Alors que l’Union pratique, peu ou prou, l’écologie punitive en taxant les entreprises polluantes, mais sans les aider financièrement, les USA sortent donc le portefeuille pour favoriser l’installation d’entreprises sur leur territoire pour appliquer les accords de Paris. Et cette politique volontariste accentue la désindustrialisation de l’Europe.

On comprend peu à peu qu’une victoire de Trump ne changera pas la donne.

Mario Draghi, le chevalier blanc de la capitalisation contre Trump ?

Face à cette guerre commerciale sans merci que Donald Trump promet de livrer, l’Europe doit-elle s’organiser ?

C’est, à mots couverts, ce que propose Mario Draghi, dans son rapport de 400 pages que nous évoquons et évoquerons largement dans nos colonnes. Pour aller vite, Mario Draghi propose trois idées essentielles :

  • l’Europe doit se doter d’une politique industrielle pour affronter durablement la concurrence de la Chine et des Etats-Unis
  • pour financer cette politique, l’Europe doit dégager du capital en développant la retraite par capitalisation, comme aux Etats-Unis
  • pour conduire cette politique, l’Europe doit évoluer vers un modèle fédéral.

Le Courrier a beaucoup évoqué cette question du fédéralisme tout au long de l’hiver, puis du printemps.

Reste que la question du financement de la transition écologique de l’industrie par le développement de la retraite par capitalisation est un sujet aussi technique et rébarbatif que systémique pour l’avenir de l’Occident. Et, en soi, nous ne savons guère comment il sera expliqué aux opinions publiques, ni quelle réaction cette explication produira.


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