Gaza: l’Égypte accuse Israël de mener une guerre d'extermination

Gaza: l’Égypte accuse Israël de mener une guerre d'extermination


Partager cet article

Lors d’une conférence de presse avec son homologue vietnamien, Abdel Fattah al-Sissi a dressé un constat accablant de l’évolution du conflit dans la bande de Gaza. Il accuse Israël d'entretenir une "famine de masse et de génocide". Selon lui, le conflit a dépassé les objectifs politiques initiaux, à savoir éradiquer le Hamas et libérer les otages. Le dirigeant égyptien dénonce une guerre qui a perdu toute justification stratégique ou morale, et craint une extinction du peuple palestinien par la stratégie militaire israélienne actuelle.

A group of people standing next to a pile of rubble
Photo by Mohammed Ibrahim / Unsplash

Le poste-frontière de Rafah est le seul point de passage entre Gaza et l’Egypte. Le Caire a été accusé de l’avoir bloqué. Mardi, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi rejette ses « propos irresponsables ». Il a indiqué qu’aucun convoi ne peut entrer à Gaza tant que l’armée israélienne stationne du côté palestinien. Le président de l’Egypte a également déclaré que la guerre à Gaza est devenue une « guerre de famine et de génocide ».

Abdel Fattah al-Sissi réfute les accusations de blocage

Des allégations selon lesquelles, Le Caire bloquerait le passage des convois d’aide humanitaire par le terminal de Rafah, ont circulé sur les réseaux sociaux.  Le ministère des Affaires étrangères a déjà affirmé qu’elles sont fausses et a donné des explications. Mardi, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a tenu à clarifier les choses. Il a qualifié ces accusations de « propos irresponsables », tout en affirmant que ce point de passage « n’a jamais été fermé par l’Egypte ».

Le président égyptien a affirmé que depuis 20 ans l’Egypte n’a qu’un objectif. Il s’agit d’éviter tout conflit. Lorsque la guerre à Gaza s’est éclatée en octobre 2023, Le Caire a joué le rôle de médiateur entre Israël et Hamas, tout comme le Qatar et les Etats-Unis. Par ailleurs,  Abdel Fattah al-Sissi a déjà demandé au président américain Donald Trump d’agir afin de mettre fin à la crise humanitaire à Gaza vers la fin du mois de juillet. Il a affirmé que « l’Egypte restera toujours une porte d’entrée pour l’aide ».

Selon Mr Sissi, le blocage vient du côté israélien. En effet, il a indiqué que les convois ne peuvent passer via Rafah que « tant qu’aucune force israélienne ne stationnait du côté palestinien » de la frontière. Al-Sissi dément toute responsabilité égyptienne :

« Ce point de passage n’a jamais été fermé par l’Égypte », a-t-il assuré. « Plus de 5 000 camions d’aide attendent du côté égyptien. »

Le chef d’Etat égyptien a souligné que « l’Egypte restera toujours une porte d’entrée pour l’aide ». En revanche, . Abdel Fattah al-Sissi le réaffirme avec clarté :

« L’Égypte restera toujours une porte d’entrée pour l’aide, et non une porte pour le déplacement des Palestiniens. »

 Il s’oppose fermement au déplacement forcé de la population palestinienne vers son territoire.

L’Egypte condamne, Israël persiste

Lors de sa prise de parole mardi, le président égyptien a  déclaré qu’une « guerre de famine et de génocide » se produit à Gaza. Selon Abdel Fattah al-Sissi, Israël ne se limite plus aux « objectifs politiques » ou à la libération des otages.  Face à la crise humanitaire qui règne à Gaza, M. Sissi a déclaré que « le moment est venu de mettre fin à la guerre ».  

De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réaffirmé la nécessité de « vaincre totalement » le Hamas pour libérer les otages. Selon les médias israéliens, l’armée envisage même l’occupation totale de la bande de Gaza.

Même si des camions d’aide ont été autorisés à passer fin juillet lors d’une courte trêve. La famine, le manque d’eau potable, de fournitures médicales, de matériel de construction d’abris et de carburant ... continue d’alarmer la communauté internationale. Pour beaucoup, la guerre ne vise plus uniquement une organisation terroriste, mais frappe directement une population civile assiégée et affamée.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
2026 : le Grand Désordre et la fin de la gestion de patrimoine "Papa", par Vincent Clairmont

2026 : le Grand Désordre et la fin de la gestion de patrimoine "Papa", par Vincent Clairmont

L’heure n’est plus à la diversification prudente, mais à l’antifragilité. Alors que la zone euro s'enfonce dans une stagflation structurelle et que le château de cartes du crédit privé menace de s'effondrer, comment protéger et faire croître un capital de 100 000 € ? Découvrez la Stratégie Barbell 2026, notre nouveau guide opérationnel exclusivement réservé à nos abonnés, à télécharger en fin d'article. L'illusion de la sécurité est votre plus grand risque Le modèle classique de gestion de pa


Rédaction

Rédaction

Pourquoi les libertariens disent que l'encadrement des loyers est un poison lent, par Elise Rochefort

Pourquoi les libertariens disent que l'encadrement des loyers est un poison lent, par Elise Rochefort

À chaque crise du logement, la même vieille lune réapparaît sur le devant de la scène politique : l’encadrement des loyers. Sous couvert de "justice sociale" et de protection des plus démunis, l'État s'immisce dans la relation contractuelle entre deux individus pour dicter un prix. Pourtant, pour quiconque refuse de s'aveugler, cette mesure n'est pas un remède ; c'est un poison lent. Un poison qui, sous prétexte de calmer la douleur à court terme, finit par paralyser tout l'organisme urbain.


Rédaction

Rédaction

L’État face à la cyberguerre: est-il capable de nous protéger ? par Eric Lemaire
Photo by Glen Carrie / Unsplash

L’État face à la cyberguerre: est-il capable de nous protéger ? par Eric Lemaire

Cyber, État, liberté : qui protège vraiment ? Dans ce nouvel article nous évoquons le rôle réel de l’ANSSI, les limites de la CNIL, les illusions autour des prestataires cyber et l’impact de l’IA.Dans le premier article, on a posé le décor : les attaques sont partout, tout le temps, et elles ne vont pas s’arrêter. La question suivante est simple : l’État est-il capable de nous protéger ? Comment est il organisé ? Réponse courte : partiellement. Une vraie montée en puissance… mais silenci


Rédaction

Rédaction

En France, quels risques encourt-on en s'indignant publiquement de la politique israélienne? par Eric Verhaeghe

En France, quels risques encourt-on en s'indignant publiquement de la politique israélienne? par Eric Verhaeghe

Sous couvert d'une lutte — par ailleurs nécessaire — contre l'antisémitisme, le pouvoir macroniste et ses satellites sont en train de bâtir un véritable arsenal de « police de la pensée ». En ce printemps 2026, s'indigner de la politique menée par l'État d'Israël n'est plus seulement un acte militant ; c'est devenu un sport de combat judiciaire et professionnel où l'individu risque sa carrière, sa réputation et, bientôt, sa liberté. L'analyse de la situation révèle un basculement systémique ver


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe