Par peur d’un “scénario iranien”, Kim Jong Un constitutionnalise la riposte atomique

Par peur d’un “scénario iranien”, Kim Jong Un constitutionnalise la riposte atomique

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L’ombre d’une guerre de décapitation hante Pyongyang. Après l’élimination d’Ali Khamenei, Kim Jong Un verrouille son pouvoir par une clause apocalyptique. En cas d’attaque contre lui, l’armée doit lancer des armes nucléaires sans attendre aucun ordre. Un signal de terreur qui en dit long sur la fragilité des régimes totalitaires face à la stratégie de décapitation.

La Corée du Nord vient d’inscrire dans sa constitution le déclenchement automatique d’une frappe nucléaire, en guise de représailles, en cas d’assassinat de son dirigeant Kim Jong-un  par un pays étranger. Une décision révélatrice de la paranoïa stratégique du régime après les frappes américano-israéliennes contre l’Iran du 28 février dernier.

Une doctrine nucléaire désormais gravée dans le marbre

Le timing n’est pas anodin. Il intervient quelques semaines après les frappes américano-israéliennes du 28 février qui ont éliminé le guide suprême iranien Ali Khamenei et une grande partie de son entourage. Pour Pyongyang, l’Iran a servi d’électrochoc.

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La Corée du Nord vient d’ajouter dans sa constitution un texte obligeant les forces armées à lancer un riposte nucléaire, en guise de représailles, si  Kim Jong-un venait à être éliminé par un adversaire étranger.

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Cette disposition législative désormais devenue l’article 3 de la loi sur la politique nucléaire de la Corée du Nord stipule que « si le système de commandement et de contrôle des forces nucléaires de l’Etat est mis en danger par des attaques de forces hostiles…une frappe nucléaire doit être lancée automatiquement et immédiatement ».

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Ce changement constitutionnel a été adopté le 22 mars par l’Assemblée populaire suprême à Pyongyang, avant d’être rendu public lors d’un briefing du Service national de renseignement sud-coréen (NIS).

En clair, Pyongyang institutionnalise une logique de “main morte” comparable aux doctrines les plus radicales de la guerre froide : même si le sommet du pouvoir est éliminé, l’arme nucléaire doit partir.

Pyongyang verrouille sa survie politique

Cette réforme révèle surtout une obsession : empêcher toute tentative étrangère de changement de régime. Depuis des années, le pouvoir nord-coréen investit massivement dans la sanctuarisation de son appareil militaire, de ses bunkers et de sa chaîne de commandement. L’arsenal nucléaire est moins conçu comme une arme offensive que comme une assurance-vie dynastique.

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Kim Jong Un ne prend aucun risque. Il se déplace en train blindé, entouré d’une escorte massive, dans un pays parmi les plus fermés du monde. Les opérations de renseignement y sont extrêmement difficiles. Pourtant, l’exemple iranien montre que même les protections les plus lourdes peuvent faillir face à une coalition déterminée disposant de renseignements de haute précision.

Cette mesure renforce le rapport de force dissuasif de Pyongyang. Elle complique toute tentative d’intervention extérieure en rendant le coût humain et stratégique potentiellement cataclysmique. Mais elle révèle aussi la vulnérabilité structurelle d’un régime qui repose entièrement sur la survie physique d’un seul homme et de son clan.

En constitutionnalisant la terreur nucléaire, Kim Jong Un transforme sa propre mort en arme de destruction massive. Le monde vient d’entrer dans une phase où même les tyrans les plus isolés peuvent programmer l’apocalypse depuis leur tombe.


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