On pourrait croire à un épisode mal écrit de Sous le soleil, mais non : c’est le sommet de l’État. Apparemment, entre deux décrets liberticides et une énième ponction sur le fruit de votre travail, le Château s’adonne au vaudeville de boulevard.

On nous murmure que Brigitte aurait administré une correction manuelle à notre Jupiter national (vous savez ? la fameuse, à la sortie de l'avion). La cause ? L'ombrageuse et sublime Golshifteh Farahani.
Pendant que la France sombre dans une léthargie fiscale qui ferait passer un paresseux sous Valium pour un trader de Wall Street, le bon peuple se réveille enfin. Non pas pour réclamer la fin de l’étatisme galopant ou le droit de disposer librement de son corps et de son portefeuille, mais pour compter les points dans une scène de ménage élyséenne.
Le divertissement pour les masses avachies
Regardez-les, ces journalistes subventionnés, confortablement enfoncés dans leur canapé payé par un milliardaire avec l'appoint du contribuable, les yeux rivés sur les rumeurs de gifles. Ils ont lâché prise. Ils ne sont plus des citoyens, encore moins des individus souverains ; ils sont devenus les spectateurs d’une téléréalité financée par nos impôts.
L’actrice iranienne Golshifteh Farahani, icône de la liberté qui a fui un régime théocratique étouffant, se retrouve catapultée malgré elle dans ce psychodrame de cour. Quelle ironie ! Une femme qui incarne le courage individuel face à l'oppression d'un État totalitaire devient le déclencheur d'une crise de nerfs dans un pays qui, lui, s'installe volontairement dans la servitude.
Brigitte, le dernier rempart de l'autorité ?
Si l'information se confirme, Brigitte Macron serait donc la seule personne dans ce pays capable de demander des comptes au Président. Puisque les contre-pouvoirs institutionnels ont la colonne vertébrale d'une méduse échouée sur une plage de Deauville, il ne reste plus que la main de la Première Dame pour rétablir une forme de "justice" — certes domestique, mais bienvenue.
Mais ne nous y trompons pas. Ce spectacle n'est que la cerise sur le gâteau d'un naufrage collectif. Un peuple, en particulier de journalistes, qui s'excite sur une gifle conjugale au sommet pendant que sa liberté de circuler, de commercer et de penser s'étiole chaque jour davantage, est un peuple qui a définitivement renoncé.
L'anesthésie générale
Les Français sont devenus des spectateurs mous. Golshifteh Farahani, avec son talent et sa beauté, n'est qu'un prétexte à une nouvelle dose de dopamine médiatique pour compenser le vide sidéral d'une existence régulée par 400 000 normes administratives.
"On ne se bat plus pour ses droits, on se bat pour savoir qui a couché avec qui dans l’aile Ouest."
Le constat est amer : nous avons le gouvernement que nous méritons. Un gouvernement qui se donne en spectacle parce qu’il sait que le public est trop "avachi" pour quitter la salle ou demander le remboursement du billet. La gifle de Brigitte ? Un épiphénomène. La vraie gifle, c'est celle que les Français s'autoadministrent chaque matin en acceptant ce cirque permanent sans broncher.
Allez, rendormez-vous. La suite au prochain numéro, entre une taxe carbone et un nouveau variant de l'ennui généralisé.
