Aide humanitaire à Gaza : Israël annonce la reprise sur fond de doutes

Aide humanitaire à Gaza : Israël annonce la reprise sur fond de doutes


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Après près de cinq mois de blocage, l’aide humanitaire va reprendre dans la bande de Gaza. Israël a annoncé une trêve militaire quotidienne pour faciliter l’acheminement des secours.

Si l’ONU salue cette avancée, les humanitaires dénoncent une réponse largement insuffisante face à la famine qui menace plus de deux millions de Palestiniens.

Face à la pression internationale, l’armée israélienne a fini par accorder une « pause tactique » quotidienne entre 10h et 20h pour permettre la distribution de l’aide humanitaire à la population dans la bande de Gaza.  

Reprise de l’aide humanitaire à Gaza

Interrompu depuis le 2 mars dernier, l’acheminement de l’aide humanitaire reprend à Gaza depuis le dimanche 27 juillet 2025. L’armée israélienne a fini par céder face à la pression internationale. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, fait partie de ceux qui ont exigé la reprise de l’aide humanitaire. Il a demandé à son homologue israélien de fournir « de toute urgence » une aide « à la population civile affamée à Gaza » et de faire en sorte que les Gazaouis puissent en profiter « rapidement et en toute sécurité ». 

La France et le Royaume-Uni ont aussi appelé à la levée immédiate des restrictions sur l’acheminement de l’aide par voie terrestre.

Dans un communiqué, le Tsahal a annoncé qu’une « pause tactique » sera désormais observée dans différentes zones, à commencer par celles de Deir-al-Balah au centre, d’al-Mawasi au sud et la ville de Gaza, au nord. Entre 10h et 20h, il n’y aura pas « d’opérations militaires » dans ces régions.

L’armée israélienne a indiqué la mise en place de « couloirs permanents, de 6h à 23h,  pour permettre le passage en toute sécurité des convois de l’ONU et des organisations d’aide humanitaire qui livrent et distribuent de la nourriture et des médicaments à la population de la bande de Gaza ».

Le média égyptien Al-Qahera News a publié sur X que:

« des camions égyptiens chargés d’aide ont commencé à entrer dans la bande de Gaza par le point de passage de Rafah ».

Des images révélant l’arrivée des convois ont illustré le message.  

Israël a également annoncé le parachutage de sept lots d’aide « mené en coordination avec des organisations internationales et dirigé par le Cogat (un organisme du ministère de la Défense », dans la nuit de samedi à dimanche.

Une aide internationale sous tension

Dimanche 27 juillet, deux avions jordaniens et un avion émirati ont largué 25 tonnes d’aide humanitaire au-dessus de Gaza. Le Royaume-Uni s’apprête lui aussi à organiser des parachutages et à évacuer des enfants blessés.

Ces efforts sont salués, mais jugés insuffisants par les ONG sur le terrain. La coordination reste difficile, les zones de largage risquées, et les besoins largement sous-estimés.

Tom Fletcher, chef des opérations humanitaires de l’ONU, a toutefois salué l’annonce de la trêve israélienne sur X :

« Nos équipes feront tout leur possible pour atteindre autant de personnes affamées que nous le pouvons. »

En déplacement sur une base aérienne, Benjamin Netanyahu a rejeté toute responsabilité dans la situation dramatique à Gaza, renvoyant la balle à l’ONU :

« Il existe des couloirs sécurisés. Il n’y aura plus d’excuses. »

Certes, la « pause tactique » annoncée par Israël constitue une évolution, cependant elle ne représente pas une solution pérenne face à à la catastrophe humanitaire en cours. Alors que les Nations Unies ouvrent une conférence à New York sur la mise en œuvre d’une solution à deux États, la réalité sur le terrain reste celle d’une population civile toujours prise au piège.


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