Par Vincent Clairmont — Feuilleton « Le fichier de Bercy », épisode final.



Ne manquez surtout pas, dimanche, notre comparatif complet des plate-formes de facturation...
Trois calendriers courent en parallèle. Le 1er septembre 2026, les factures B2B françaises entrent dans le circuit des plateformes agréées, et le e-reporting commence à remonter transactions avec les particuliers, opérations internationales et données de paiement. Mi-2027, la BCE ouvrira le pilote de l'euro numérique — trente-six banques retenues, sept italiennes, une seule française — pour un déploiement grand public visé au plus tôt en 2029, avec un plafond de détention discuté autour de 3 000 euros. Entre les deux, le trilogue législatif européen vise un accord fin 2026.

La légende finale du dossier assemble les pièces : un système qui voit toutes les factures, un dispositif qui remonte tous les paiements, une monnaie de banque centrale techniquement programmable — donc un plan. La surveillance des flux d'abord, la surveillance de la monnaie ensuite, le contrôle des comportements au bout. C'est la lecture qui circule, et il faut reconnaître qu'elle a pour elle l'élégance de la simplicité.
Les faits résistent à l'assemblage. Les deux chantiers relèvent de textes distincts (une loi de finances française d'un côté, un règlement européen en cours de trilogue de l'autre), d'institutions distinctes (DGFiP, BCE), de calendriers indépendants, et aucun document public ne les articule. Quiconque affirme la coordination affirme ce qu'aucune pièce ne montre. Reste alors la vraie question, plus intéressante que la légende : comment deux projets que personne n'a coordonnés peuvent-ils converger aussi exactement ?



