Jusqu’à la fin de 2026, environ 25 trains seront supprimés chaque jour de semaine sur le RER D, soit près de 5 % des circulations habituelles. Après un été marqué par les interruptions, la canicule et les difficultés d’exploitation, les usagers devront donc subir une nouvelle réduction de l’offre, alors même que des centaines de millions d’euros sont engagés pour moderniser la maintenance.
Cette réduction intervient après un été déjà marqué par interruptions, canicules et galères quotidiennes. Elle touche l’une des principales lignes franciliennes, reliant Creil au nord à Melun et Malesherbes au sud.
Une offre réduite mais une facture inchangée
Sur les quelque 560 trains circulant quotidiennement en période normale, environ 25 seront supprimés chaque jour de semaine, répartis sur les deux axes. SNCF Voyageurs affirme que 95 % des trains circuleront et que l’offre nominale sera maintenue aux heures de pointe, sans créer de trous aux heures creuses.

Le RER D dessert quotidiennement un vaste territoire, de Creil à Melun et Malesherbes, en traversant Paris. Ses usagers ne disposent évidemment pas d’un fournisseur concurrent vers lequel se tourner. Ils restent captifs du système ferroviaire francilien. Dans le transport public, l'ajustement de l'offre ne s'accompagne pas mécaniquement d'une réduction du coût du transport.
Colère des élus et chiffres des investissements
Ces travaux au Technicentre de Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne, seront financés à 100 % par Île-de-France Mobilités pour un montant de 685 millions d'euros. Certes, ces investissements sont réalisés actuellement pour améliorer la fiabilité du RER D, cependant leur phase de réalisation contraint aujourd’hui l’offre. Selon un message interne du Transilien, cette baisse de trafic serait la « seule solution pérenne » pour maintenir les rames en état jusqu'à l'ouverture du nouvel atelier, prévue au premier semestre 2027.
L'annonce a mis le feu aux poudres au Conseil régional. Le groupe communiste, écologiste et citoyen dénonce une décision « surprise » et « inacceptable ». Sa présidente, Céline Malaisé, rappelle que cette réduction intervient après un été marqué par des interruptions de ligne et des épisodes caniculaires. Dans une lettre à Valérie Pécresse, les élus réclament le maintien des rames Z2N sur le RER D et le report de leur transfert vers le RER C, pour reconstituer une réserve de matériel suffisante. Grégoire de Lasteyrie, vice-président d'Île-de-France Mobilités, oppose à ces critiques l'ampleur des investissements consentis : 5 milliards d'euros au total, dont 3 milliards pour les nouveaux RER NG déjà en circulation et près de 700 millions pour le Technicentre.
Comme toujours, le monopole public transfère le coût de ses contraintes techniques directement sur les voyageurs, sans recours ni rabais. Cette asymétrie révèle la nature réelle du contrat : l’usager paie, l’opérateur décide, et la responsabilité se dilue entre SNCF Voyageurs et Île-de-France Mobilités.

