Euro numérique : 7 banques italiennes choisies pour le test, une seule française

Euro numérique : 7 banques italiennes choisies pour le test, une seule française

La BCE a retenu 36 prestataires pour le pilote de l'euro numérique : 7 italiens, 1 seul français (BPCE). Vincent Clairmont analyse ce que cette asymétrie dit du rapport de forces bancaire autour du projet.


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Par Vincent Clairmont

Sept établissements italiens, cinq allemands, trois grecs, trois portugais — et un seul français. La liste des 36 prestataires de services de paiement retenus le 14 juillet par la BCE pour le pilote de l'euro numérique, sélectionnés parmi plus de 50 candidatures, réserve une anomalie statistique que la presse française n'a pas commentée : la deuxième économie de la zone euro, l'un des plus gros collecteurs de dépôts du continent, n'y figure que par BPCE.

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Ni BNP Paribas, ni Crédit Agricole, ni Société Générale, ni Crédit Mutuel, ni La Banque Postale. C'est cette asymétrie que je veux examiner, parce qu'elle en dit plus sur le rapport de forces autour du projet que tous les communiqués.

Le cadre d'abord, en trois données. Le pilote débutera au second semestre 2027, durera douze mois, et se tiendra à la BCE et dans 19 banques centrales nationales, sur une version bêta de l'euro numérique sans cours légal. La candidature était volontaire — appel à manifestation d'intérêt de mars 2026. Et le règlement censé encadrer tout cela n'est pas voté : le trilogue ouvert après le vote du Parlement du 9 juillet (416 voix contre 169) doit aboutir avant fin 2026, pour un lancement visé en 2029.

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Trois lectures de la liste s'imposent.

Première lecture : l'abstention française 

La BCE ne publie pas la liste des candidats écartés ; on ne peut donc pas distinguer formellement les recalés des non-candidats. Mais les positions publiques de la profession depuis trois ans rendent la seconde hypothèse la plus probable : les banques françaises ont exprimé de manière constante leurs réserves sur un projet qui organise leur propre concurrence. La mécanique est connue de mes lecteurs : chaque euro migrant d'un compte de dépôt vers la monnaie de banque centrale est une ressource de financement en moins, à remplacer par du financement de marché, plus cher. L'étude Copenhagen Economics chiffre la décollecte potentielle à 739 milliards d'euros pour un plafond à 3 000 euros — plafond que le Conseil des gouverneurs a retenu dès mars pour la phase pilote, comme je l'analysais le 5 juin. S'ajoute le différend sur les commissions : le modèle de compensation du futur schéma reste flou, et les services de base devront être gratuits pour le particulier. Le banquier français ne boycotte pas la monnaie unique ; il refuse de financer le tuyau qui le concurrencera.

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Deuxième lecture : l'empressement italien

Sept participants, et pas n'importe lesquels : Poste Italiane (contrôle public), Monte dei Paschi (sauvée par l'État), Isybank (la banque numérique d'Intesa