Amine Kassid, alias "Amine le Conquérant", filme des châteaux en drone, raconte Clovis, Versailles et Chambord à des centaines de milliers d'abonnés sur YouTube et Instagram. Il est français mais cela ne suffit pas pour une frange de ses détracteurs, qui lui contestent le droit de parler de "leur" histoire au motif de ses origines nord-africaines. Réponse inattendue : Stéphane Bern, figure tutélaire du patrimoine sur France 3, lui a publiquement apporté son soutien via un message vidéo Instagram.

Stéphane Bern, incarnation médiatique de l’Histoire de France, a publiquement défendu Amine Kassid, dit « Amine le Conquérant », face aux accusations de racisme dont ce youtubeur d’origine maghrébine est victime. L’animateur de Secrets d’Histoire affirme que le patrimoine national « appartient à tout le monde » car financé par l’impôt de tous les Français.
Il filme des châteaux français. On lui dit qu'il n'en a pas le droit
Depuis plusieurs semaines, Amine Kassid, créateur de contenus historiques suivi sur YouTube et Instagram sous le nom d’« Amine le Conquérant », dénonce des attaques racistes répétées sur les réseaux sociaux. Français passionné d’Histoire, spécialisé dans les visites de châteaux, les récits historiques et la vulgarisation patrimoniale, il est régulièrement pris pour cible en raison de ses origines maghrébines.

Le grief de certains internautes est clair : un Français issu de l’immigration serait illégitime pour parler de l’Histoire de France. Une logique communautaire paradoxale, à rebours du récit républicain classique qui prétend justement intégrer tous les citoyens dans une histoire nationale commune.
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Face à cette campagne numérique, Amine Kassid affirme avoir déposé plusieurs plaintes pour injures racistes et cyberharcèlement. Mais, selon ses déclarations, aucune poursuite judiciaire n’aurait encore été engagée, sans obtenir, à ce stade, la moindre poursuite judiciaire.
Un soutien médiatique bien orchestré
Dans une vidéo Instagram, Stéphane Bern a salué le travail d’Amine Kassid, qui vulgarise l’histoire de France via des vidéos de châteaux et des podcasts. Bern incarne institutionnellement le patrimoine français, avec la bénédiction de l'Élysée depuis la mission qui lui a été confiée en 2017 par Macron sur les monuments en péril.

« Le patrimoine appartient à tous les Français, quels qu’ils soient », a-t-il insisté dans sa vidéo, rappelant que ce sont les contribuables qui l’entretiennent.
Il a également dénoncé le racisme dont le vidéaste fait l’objet, citant Victor Hugo : « La beauté appartient à tout le monde ». Amine Kassid, a salué cet « adoubement » comme un honneur.

Derrière l’émotion, la séquence pose une question centrale : peut-on aimer et transmettre un patrimoine sans en partager les racines culturelles profondes? D’un côté, une partie des Français « de souche » exprime une crispation identitaire face à ce qu’ils perçoivent comme un effacement progressif de leur histoire. De l'autre, une partie des Français issus de l'immigration qui peinent à se sentir pleinement héritiers d'une civilisation.

Pendant des décennies, la transmission du récit national passait par l’école, le service public audiovisuel ou les grandes maisons d’édition. Aujourd’hui, YouTube, TikTok et Instagram deviennent des terrains d’influence historique majeurs.
Stéphane Bern vient ici rappeler une réalité simple: sans adhésion collective au patrimoine commun, il ne reste qu’une juxtaposition de communautés concurrentes. Et une nation qui cesse de partager son Histoire finit souvent par perdre son avenir.

