Un rapport, publié le 1er juillet, ne mâche pas ses mots sur la gouvernance de la commune d’Avignon (Vaucluse) . La Chambre régionale des comptes PACA vient de rendre son verdict sur la gestion d'Avignon entre 2019 et 2025 : finances fragiles, police municipale sans pilotage, subventions distribuées sans contrepartie évaluée. Un cocktail qui interroge sur l'usage réel de l'argent public dans la cité des Papes.
La Chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d’Azur a publié, le 1er juillet 2026, un rapport accablant sur la gestion de la commune d’Avignon (Vaucluse) de 2019 à 2025. Malgré des efforts reconnus face aux défis sociaux et sécuritaires, les magistrats financiers dressent le constat d’une gouvernance laxiste : explosion des dépenses de personnel, subventions distribuées sans contreparties vérifiées, police municipale mal pilotée et patrimoine en souffrance. Pendant que les contribuables avignonnais paient, les services de base restent à l’abandon. Un cas d’école de clientélisme local.
Des finances sous pression malgré une fiscalité déjà sollicitée
Dans son rapport publié le 1er juillet sur la gestion d'Avignon entre 2019 et 2025, la Chambre régionale des comptes Provence-Alpes-Côte d'Azur dresse un constat préoccupant. Si la situation financière s'est légèrement stabilisée entre 2023 et 2024, les magistrats soulignent que la commune demeure dans une position fragile, plombée par le poids de la dette et une dynamique de dépenses difficilement maîtrisable.

Le rapport relève également une gouvernance insuffisamment structurée. La gestion du parc automobile, des logements de fonction ou encore des régies municipales appelle des corrections. La fiabilité comptable reste jugée « perfectible » et certaines pratiques tarifaires exposeraient même la commune à des risques juridiques. Autrement dit, les fondamentaux de la gestion publique ne sont toujours pas totalement sécurisés.
Le coût d'une gestion politique sans véritable obligation de résultat
Malgré des moyens importants, les magistrats financiers déplorent l'absence d'indicateurs permettant de mesurer l'efficacité du service. La stratégie de sécurité reste insuffisamment formalisée tandis qu'une partie des caméras de vidéoprotection est hors service ou en maintenance, réduisant l'efficacité d'un équipement pourtant coûteux.

Le patrimoine n'échappe pas non plus aux critiques. Plusieurs projets emblématiques engagés depuis des années restent inachevés, qu'il s'agisse de la labellisation « Ville d'art et d'histoire », de la zone tampon autour du site Unesco ou de la convention concernant le Palais des Papes. Même la gratuité des musées municipaux, instaurée depuis près d'une décennie, n'a jamais fait l'objet d'une véritable évaluation économique.

Plus préoccupant encore, la Chambre relève que des subventions sont accordées à certaines associations sans que leurs contreparties soient réellement évaluées. Une observation récurrente dans les collectivités locales, où les aides publiques deviennent parfois des dépenses de fonctionnement permanentes sans contrôle suffisant de leur efficacité.
Les magistrats financiers ne mettent pas en cause des intentions, mais une méthode : absence de pilotage, évaluation insuffisante et recommandations anciennes restées sans application. Une fois encore, le contribuable finance un système où l'obligation de moyens semble primer sur l'obligation de résultats. Tant que les rapports de la Cour des comptes resteront essentiellement consultatifs, les mêmes dysfonctionnements risquent de se reproduire d'une mandature à l'autre, sans véritable responsabilité politique ni financière.

