Sommet des BRICS : face au fantasme naïf d'un bloc uni, par Thibault de Varenne

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Le sommet du 15 mai s'est achevé sans déclaration commune. Ceux qui attendaient l'acte de naissance d'un contre-Occident en sont pour leurs frais. Les BRICS ne sont pas un bloc et n'en seront jamais un — ce qui ne diminue en rien leur portée, à condition de comprendre ce qu'est, au juste, la multipolarité.

Le sommet des BRICS qui s'est tenu à la mi-mai s'est achevé sans communiqué final. C'est un fait rare, signalé par quelques observateurs attentifs et tu par la plupart des autres. Le mot d'ordre, à Brasilia comme à Pékin, était à la prudence diplomatique ; on a parlé de désaccords sur l'élargissement, de divergences sur la monnaie commune, de tensions sur les dossiers régionaux. Personne n'a osé dire ce qu'il fallait dire, qui est simple : il n'y a pas, et il n'y aura pas, de bloc BRICS au sens strict du terme. Ceux qui l'espéraient n'ont pas compris ce qu'ils espéraient ; ceux qui le redoutaient n'ont pas compris ce qu'ils redoutaient.

On a pris l'habitude, depuis l'invention de l'acronyme par Jim O'Neill au début des années 2000, de lire les BRICS comme une promesse — celle d'une organisation appelée à devenir, sur le modèle du G7, une institution avec son siège, son secrétariat, sa doctrine. C'était une erreur de catégorie. Les BRICS n'ont jamais voulu être cela. Ils ont seulement voulu n'être pas l'Occident — formulation négative, qui n'engage à aucune positivité commune. La différence est de taille. Et elle change tout.

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Un sommet sans communiqué n'est pas un échec

On a vu, dans les jours qui ont suivi le sommet, plusieurs commentateurs occidentaux se réjouir prudemment de l'absence de déclaration commune. Le bloc se fissure, disait-on ; l'élargissement de 2024 a été trop rapide, l'attelage a versé, l'illusion s'effondre. C'est aller vite. C'est, surtout, regarder les BRICS avec les lunettes du G7, qui ne sont pas les bonnes lunettes.

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