Par Renaud Jacobs
L'Iran mourait de sécheresse. La guerre de 2025 détruit des radars « liés à HAARP », dit-on. Au printemps suivant, la pluie revient en force. Trois faits vrais, alignés dans le bon ordre — et des millions de vues pour en tirer une preuve. Détruire un radar fait-il tomber la pluie, et HAARP est-il ce qu'on croit ? Renaud Jacobs ouvre le dossier, pièce par pièce.
La rumeur est belle, et c'est déjà un avertissement : les plus belles sont rarement les plus vraies. La voici dans la version qui tourne en boucle chez les influenceurs anti-occidentaux. L'Iran mourait de sécheresse depuis des années ; le ciel restait obstinément sec ; puis la guerre de l'été 2025 a détruit des systèmes radar « prétendument liés à la technologie HAARP américano-israélienne » ; et voilà qu'ensuite la pluie est revenue en force. Conclusion qui s'impose toute seule : ces radars n'étaient pas des radars, mais des machines à retenir la pluie. On les a cassées, le ciel s'est rouvert.

Il faut reconnaître ce qui, dans ce récit, est exact. La guerre de juin 2025 a bien détruit des radars et des systèmes de défense — cela, c'est un fait établi. L'Iran a bien traversé une sécheresse d'une gravité extrême. Et il est bien tombé, ensuite, des pluies parfois spectaculaires sur l'Iran, l'Irak et la Turquie. Trois faits vrais, alignés dans le bon ordre. On comprend que beaucoup y voient une démonstration.
J'ai l'habitude, face à ce genre d'enchaînement, de répondre par une méthode plutôt que par un haussement d'épaules : allons voir ce que sont ces objets, ce qu'ils font, et ce que disent les relevés. Car entre « des radars ont été détruits » et « la pluie était retenue par des radars », il y a tout ce qui sépare une coïncidence d'une cause.
Détruire un radar fait-il tomber la pluie ? Et ce fameux HAARP, qu'est-il au juste ? Regardons, pièce par pièce.
