Par Renaud Jacobs
Ce week-end, le directeur de publication m'a transféré des messages inquiets envoyés par un lecteur attentif. À l'écran, une carte du monde : une douzaine de points rouges marqués « HAARP », de l'Alaska à l'Australie, reliés par un réseau de lignes qui quadrillaient la planète.
Eric Verhaeghe sait que, en bon enseignant d'IUT, je me passionne pour les sujets de nouvelles technologies. Alors, en rentrant chez moi après une pause fraîcheur méritée, j'ai vérifié, point par point — et une partie de ce que montre cette carte est exacte, ce qui suggère que les séismes ou les pluies diluviennes qui surviennent un peu partout dans le monde sont d'origine humaine, ou plutôt technologique. Davantage que je ne l'aurais cru moi-même.
Car la chose, d'abord, existe — et pas en un seul exemplaire. HAARP, à Gakona, n'est que le plus puissant d'une famille d'instruments appelés chauffeurs ionosphériques, des antennes qui chauffent la haute atmosphère pour l'étudier. Il y a EISCAT, près de Tromsø en Norvège. Il y a Sura, en Russie, en service depuis 1981, capable de rayonner jusqu'à 260 mégawatts de puissance apparente. Il y avait celui d'Arecibo, à Porto Rico, jusqu'à l'effondrement de l'observatoire en 2020. Et la Chine en construirait un, avancé, à Sanya, sur l'île de Hainan. Ce ne sont pas des inventions de forum. Ce sont des installations recensées, financées, actives.
Et il y a plus troublant encore, que les démentis pressés oublient toujours de mentionner. HAARP a bien une origine militaire : il a été lancé dans les années 1990 par l'US Air Force, l'US Navy et la DARPA. Un brevet américain de 1987 décrit noir sur blanc une méthode « pour altérer une région de l'atmosphère, de l'ionosphère et/ou de la magnétosphère », et évoque explicitement la modification météo et la défense antimissile. Et le Parlement européen — pas un forum, le Parlement européen — a adopté le 28 janvier 1999 une résolution officielle affirmant que le projet HAARP « manipule l'environnement à des fins militaires » et réclamant une enquête.