Canicule : les préfets interdisent aux paysans de moissonner leurs propres champs
Photo by Jean Woloszczyk / Unsplash

Canicule : les préfets interdisent aux paysans de moissonner leurs propres champs


Partager cet article

En pleine troisième vague de chaleur, les arrêtés préfectoraux se multiplient pour interdire les travaux agricoles durant les heures les plus chaudes de la journée. En prévention des incendies, dans plusieurs départements, les agriculteurs ne peuvent plus moissonner, faucher, presser ou broyer entre 13 h et 19 h, voire jusqu'à 21 h. Résultat : des récoltes mûres, sèches, prêtes à tomber, contraintes d'attendre le bon vouloir administratif.

LA NEWSLETTER · GRATUITE

Le Courrier,
chaque matin.

L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré.

Gratuit. Vous restez libre de partir quand vous voulez.

JE M'INSCRIS lecourrierdesstrateges.fr
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Alors que la troisième vague de canicule de l'été 2026 frappe la France, des préfets multiplient les arrêtés interdisant aux agriculteurs de moissonner l'après-midi, entre 13 h et 19 h, voire 21 h. Cher, Creuse, Charente, Deux-Sèvres, Gironde, Allier, Ille-et-Vilaine : la carte des interdictions s'étend, au motif du risque d'incendie.

ABONNEMENT

Allez au fond
des choses.

Deux grands formats par jour. Les cinq plumes du Courrier. La série Sécession, le dimanche.

Le monde commente. Vous, vous comprenez.

S'ABONNER lecourrierdesstrateges.fr
CdS
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Une série d'arrêtés qui bouleverse la campagne

Depuis le début de la nouvelle vague de canicule, plusieurs préfectures ont adopté des mesures exceptionnelles pour limiter le risque d'incendie. Le Cher, la Creuse, la Charente, les Deux-Sèvres, la Gironde, l'Allier ou encore d'autres départements concernés imposent désormais des restrictions horaires aux travaux agricoles. Les opérations de moisson, de fauchage, de pressage de paille ou de broyage sont suspendues durant les heures les plus chaudes, généralement entre 13 h et 19 h.

Moisson 2026 et risque d’incendie : nouvelles interdictions de récolter l’après-midi durant la canicule
Avec la troisième vague de chaleur, de nouvelles restrictions des plages horaires pour effectuer les travaux agricoles sont mises en place par arrêté préfectoral. Etes-vous concernés ? Tour de pistes des premières interdictions qui s’imposent aux agriculteurs.…

L'Ille-et-Vilaine est allée encore plus loin. À compter du 7 juillet, un arrêté préfectoral interdit dans 69 communes les moissons et le pressage du foin et de la paille de 13 h à 21 h, à l'exception du colza. Ces décisions évoluent au rythme des conditions météorologiques et sont régulièrement actualisées par les préfectures.

Le paysan, dont la survie économique dépend du rendement, se voit dicter des horaires qui risquent de compromettre la qualité du grain, augmenter les pertes et désorganiser les chaînes de collecte.

Les autorités justifient ces restrictions par la sécheresse persistante et le risque élevé de départ de feu provoqué par les machines agricoles. Une moissonneuse-batteuse peut effectivement produire des étincelles susceptibles d'enflammer une végétation extrêmement sèche.

TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU

Entre deux éditions,
le fil.

La newsletter vous donne le matin. Le fil vous donne l'instant.

Gratuit, et en continu.

REJOINDRE LE FIL t.me/resterlibre
t.me/resterlibre
Restez libre !

Le risque d'incendie contre la logique des récoltes

Mais sur le terrain, les conséquences sont loin d'être neutres. La fenêtre de récolte est souvent très courte et dépend de la maturité des céréales, de l'humidité du grain, des prévisions météorologiques et de la disponibilité du matériel. Chaque heure perdue peut affecter la qualité de la récolte, retarder les chantiers suivants ou exposer les cultures à un épisode orageux susceptible de dégrader plusieurs mois de travail.

Vous pouvez être condamné à débroussailler le jardin de votre voisin (et payer pour lui)
Une loi de 2024, renforcée par des arrêtés préfectoraux applicables en 2026, oblige les propriétaires et locataires à débroussailler jusqu’à 50 mètres autour de leur habitation, même si ce restreint empiète sur le terrain d’un voisin. Amende pénale de 1 500 €, amende administrative de 50 € par mètre carré,

La profession rappelle d'ailleurs que les exploitants ont développé depuis longtemps leurs propres protocoles de prévention : citernes d'eau, déchaumeurs prêts à intervenir, extincteurs embarqués ou surveillance renforcée des parcelles.

Quand la campagne dérange : un agriculteur au tribunal pour avoir nourri ses bêtes trop tôt
Un éleveur de la Somme est poursuivi pour tapage nocturne après avoir nourri ses animaux à 6 heures du matin. Cette affaire est bien plus qu’une simple querelle de voisinage. Elle est le symptôme d’une fracture entre le monde rural productif et de nouveaux ou d’anciens riverains

Au-delà de la prévention des incendies, l'État ne se contente plus de fixer un objectif de sécurité ; il détermine désormais les horaires auxquels un agriculteur peut travailler sur sa propre exploitation, selon des règles décidées département par département.

TIPS · SANS ABONNEMENT

Offrez-nous
un café.

Un média libre vit de ses lecteurs. Un pourboire ponctuel, sans compte ni engagement, quand le cœur vous en dit.

Vous donnez ce que vous voulez. Vous restez libre.

LAISSER UN POURBOIRE merci !
lecourrierdesstrateges.fr
Restez libre !

Mais lorsque le bon sens paysan est systématiquement placé sous tutelle préfectorale, c'est une autre conception de la relation entre l'État et le monde agricole qui se dessine : celle d'une confiance qui s'efface au profit du contrôle.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé