Le livre noir de François Hollande : le quinquennat 2012-2017 relu pièce par pièce

Le livre noir de François Hollande : le quinquennat 2012-2017 relu pièce par pièce

François Hollande prépare 2027. Relecture documentée du quinquennat 2012-2017 : fiscalité record, dette, état d'urgence, 49.3. Les pièces, datées et sourcées.


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Par Élise Rochefort

François Hollande prépare un retour présidentiel. Le 15 avril 2026, dans un entretien à Marianne, l'ancien chef de l'État déclarait : « Comment être utile aujourd'hui ? En me préparant. Je me prépare ». Fin mai, il précisait le calendrier : « Si je dois me déclarer, ce sera en décembre ».

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Une structure de soutien a été constituée par ses proches ; un livre, Il est 23 h 45, est annoncé pour septembre. Les enquêtes d'intentions de vote publiées au printemps le créditaient d'environ 8 % — derrière Raphaël Glucksmann, donné entre 12 % et 16 %. Une candidature de l'ancien président ramènerait dans le débat un objet que la campagne de 2017 n'avait pas jugé, faute de candidat : son propre bilan. Le présent article le relit selon quatre critères — fiscalité, dépense et dette, libertés individuelles, liberté d'entreprendre —, qui constituent la grille d'évaluation libertarienne classique d'un mandat. Sur chaque pièce, les positions des deux parties sont rapportées.

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Fiscalité : le choc de 2012-2013, l'inversion de 2014

Selon la note de l'Institut des politiques publiques d'avril 2017, les mesures fiscales décidées sous le quinquennat ont accru les prélèvements obligatoires de 31,2 milliards d'euros par an, concentrés sur 2012 et 2013 : contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, gel du barème, fiscalisation des heures supplémentaires, alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail. Le taux de prélèvements obligatoires est passé de 43,8 % du PIB en 2012 à un maximum de 44,8 % en 2013-2014 — le niveau le plus élevé enregistré jusqu'alors —, avant de redescendre à 44,5 % en fin de mandat.

La taxe à 75 % sur les revenus supérieurs à un million d'euros, engagement de campagne, a été censurée par le Conseil constitutionnel le 29 décembre 2012, réintroduite sous forme de contribution employeur pour 2013 et 2014, puis abandonnée au 1ᵉʳ janvier 2015 ; son rendement cumulé s'est établi autour de 420 millions d'euros.

La lecture libertarienne retient de cette séquence un prélèvement record et une instabilité normative documentée par les censures constitutionnelles successives. La défense du bilan retient le mouvement inverse engagé à partir de 2014 : crédit d'impôt compétitivité (15,1 milliards par an selon l'IPP), pacte de responsabilité, allègements de cotisations (7,2 milliards par an à compter de 2015). Les deux lectures portent sur des périodes différentes du même mandat.

Dépense publique et dette : le pic de 2014, l'héritage de 2017

La dépense publique a atteint 57,3 % du PIB en 2014 — point haut historique —, avant de refluer à 55,9 % en 2017. La dette publique a progressé d'environ dix points de PIB sur le mandat, pour s'établir légèrement au-dessus de 96 % du PIB fin 2016 (Insee). Le déficit public a été ramené de 4,8 % du PIB en 2012 à 2,7 % en 2017, permettant la sortie de la procédure européenne de déficit excessif. Sur la méthode, l'IPP relève que 75 % de la réduction du déficit opérée en 2012-2013 provenait de hausses de prélèvements, non d'économies.

La Fondation IFRAP note pour sa part, dans son comparatif des trois derniers quinquennats, que la dépense en points de PIB est restée stable sous François Hollande quand elle a progressé de plus de quatre points sous Nicolas Sarkozy comme sous Emmanuel Macron. Le critère libertarien — la part de la richesse nationale administrée par l'État — reste, au meilleur point du mandat, supérieur à 55 %.

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Libertés individuelles : l'état d'urgence et la loi renseignement

C'est la partie du dossier la moins discutée en 2017 et la plus documentée depuis. La loi du 24 juillet 2015 relative au renseignement a légalisé la collecte algorithmique de données de connexion — les « boîtes noires » installées chez les opérateurs —, sous le contrôle d'une commission dont l'avis est consultatif.

L'état d'urgence, déclaré le 14 novembre 2015 après les attentats de Paris, a été prorogé six fois et maintenu jusqu'au 1ᵉʳ novembre 2017, soit près de deux ans, dont dix-huit mois sous la présidence Hollande. Le bilan chiffré publié par le ministère de l'Intérieur fait état de 4 469 perquisitions administratives, de 754 assignations à résidence et de 19 fermetures de lieux de culte. Les travaux de contrôle de la commission des lois de l'Assemblée nationale ont établi que la grande majorité des perquisitions n'avait débouché sur aucune procédure judiciaire en matière terroriste ; en novembre 2015, pendant la COP21, une vingtaine de militants écologistes ont été assignés à résidence sur le fondement de ce régime d'exception, sans lien avec le terrorisme.

Le projet de déchéance de nationalité, présenté devant le Congrès le 16 novembre 2015, a été abandonné le 30 mars 2016, faute d'accord entre les deux chambres. Le ministère de l'Intérieur oppose à cette relecture 32 attentats déjoués depuis novembre 2015 et le contexte : plus de 230 morts sur le territoire entre janvier 2015 et juillet 2016. Le point d'accord entre les deux parties est d'ordre juridique : une part des mesures de l'état d'urgence a été transférée dans le droit commun par la loi du 30 octobre 2017, votée sous le mandat suivant. Le régime d'exception a précédé sa normalisation.

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Liberté d'entreprendre : la loi par l'article 49.3

Le gouvernement de Manuel Valls a engagé six fois sa responsabilité sans vote — trois fois sur la loi Macron de 2015, trois fois sur la loi travail de 2016. Le paradoxe est relevé par les deux camps : les deux textes les plus libéralisants du mandat (ouverture des lignes d'autocars, professions réglementées, assouplissements du droit du travail) sont aussi ceux qui n'ont pas été votés. S'y ajoutent, au passif du critère, l'abandon de l'écotaxe en octobre 2014 — l'indemnisation de la société Ecomouv' a été chiffrée à 839 millions d'euros —, la loi du 1ᵉʳ octobre 2014 encadrant les plateformes de transport, suivie de l'arrêt d'UberPop à l'été 2015, et les interventions de l'État dans les dossiers Florange puis Alstom. Au registre inverse figurent l'accord interprofessionnel de janvier 2013 sur la sécurisation de l'emploi et l'ouverture au mariage des couples de même sexe, votée le 23 avril 2013 — extension de la liberté contractuelle, dans une lecture libertarienne, quel que soit le jugement porté par ailleurs sur le texte. Le chômage, enfin : 9,8 % de la population active à l'arrivée, un pic au-dessus de 10,5 % en 2015, 9,6 % au départ — soit un solde légèrement négatif, obtenu en toute fin de mandat.

Le dossier tient en quatre pièces : un record de prélèvements obligatoires, une dette alourdie d'une dizaine de points de PIB, un régime d'exception de deux ans dont les chiffres sont publics, six lois sans vote. Chaque pièce a sa défense, également documentée. Si la candidature est déclarée en décembre, ce bilan redeviendra un objet de campagne. Les pièces sont versées ; leur examen appartient à l'électeur.


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