Du 16 juillet au 3 août 2026, les urgences de l'hôpital de Mamers (Sarthe) fermeront jour et nuit, faute de médecins. Près de 300 manifestants, dont une centaine de soignants, ont crié leur colère 15 juillet devant l’établissement, sous des banderoles sans ambiguïté : « Urgences en grève, patients en danger », « Vous fermez les urgences, on ramasse les morts ».
Du 16 juillet au 3 août, les urgences de l'hôpital de Mamers, dans la Sarthe, ferment purement et simplement, jour et nuit. Motif officiel : il manque quatre médecins pour assurer les gardes. La colère n'est plus seulement celle des soignants : elle gagne toute une population qui voit disparaître, chaque été, un peu plus de ses services essentiels.
Mamers sans urgences jusqu'au 3 août
La décision de suspendre totalement l'activité des urgences entre le 16 juillet et le 3 août a été annoncée quelques jours seulement avant son entrée en vigueur. Selon le syndicat Force Ouvrière, à l'origine de la manifestation du 15 juillet, une centaine de soignants figuraient parmi les quelque 300 participants.
Les témoignages recueillis sur place illustrent le profond malaise des équipes. Marie, aide-soignante, rappelle que les personnels « sont là pour soigner », tandis que Julie, agente d'accueil des urgences, redoute les conséquences de la canicule sur les résidents des maisons de retraite.
Force Ouvrière affirme par ailleurs que plusieurs médecins auraient accepté de revenir de congé et estime que seules quatre gardes manqueraient pour maintenir le service, un point qui nourrit les interrogations sur les choix de gestion ayant conduit à cette fermeture.
Quand la désertification médicale devient une crise d'État
Les habitants redoutent désormais un effet d'entraînement. Une pétition a été lancée afin d'obtenir une réouverture avant le 3 août et d'éviter que cette fermeture présentée comme temporaire ne devienne permanente.
A Mamers, comme ailleurs dans la France périphérique, l'hôpital public, piloté depuis des années par des logiques de rationalisation décidées loin du terrain, se révèle incapable d'aligner quatre médecins sur un mois d'été. Alors que les prélèvements obligatoires demeurent parmi les plus élevés d'Europe, les territoires ruraux voient disparaître progressivement maternités, gares, services publics et désormais urgences hospitalières.
Alors que la France affiche l'un des taux de dépense publique les plus élevés du monde développé, avoisinant 57 % du PIB. Cette affaire de Mamers illustre l’échec d’un modèle où l’État prétend tout organiser, tout financer, tout décider. Désormais, ce sont les territoires périphériques et leurs habitants qui en paient le prix fort.


