Si Macron n’abroge pas sa réforme des retraites, il sera rapidement contraint de démissionner…

Si Macron n’abroge pas sa réforme des retraites, il sera rapidement contraint de démissionner…


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En son temps, le Courrier avait affirmé que la réforme des retraites ne pouvait pas passer faute d’une légitimité suffisante d’Emmanuel Macron pour la faire passer. L’histoire nous a démenti un temps, sauf que… la paralysie de la vie politique actuelle met en évidence que la réforme n’est toujours pas passée dans les esprits ! et tout indique qu’Emmanuel Macron sera contraint de la remettre en cause s’il veut un Premier Ministre doté d’une majorité à l’Assemblée. Sinon… la situation du Président sera intenable, et il ne lui restera plus que la démission pour sortir de la crise. Hypothèse que nous avons émise dès le mois de juillet…

↪ Emmanuel Macron a fait chou blanc dans sa recherche d'un Premier Ministre "consensuel"
↪ L'hypothèse de Xavier Bertrand revient sur le tapis
↪ Même les candidats du bloc central (dont Bernard Cazeneuve) ont annoncé leur intention de remettre en cause la réforme des retraites
↪ Ce point semble désormais inévitable pour constituer un gouvernement

Une évidence s’impose désormais : après des élections législatives qu’il a délibérément provoquées en juin, le Président de la République ne trouve aucun Premier Ministre capable de recueillir une majorité parlementaire autour d’un projet qui aurait son agrément. Toutes les personnalités susceptibles de conduire une coalition à peu près viable lui ont en effet expliqué qu’elles détricoteraient la réforme des retraites imposée en 2023 sans une légitimité politique suffisante.

Emmanuel Macron refuse étrangement de prendre acte du résultat des élections, où une majorité d’opposants à cette réforme a triomphé : il récuse tout Premier Ministre qui remettrait en cause de « marqueur » du macronisme profondément impopulaire.

En 2023, nous avions parié que cette réforme ne pouvait pas passer faute d’une légitimité suffisante du Président. L’histoire semble ne nous avoir que très provisoirement donné tort, puisqu’il existe bel et bien une large majorité parlementaire en faveur de l’abrogation de la réforme ! Même Bernard Cazeneuve a expliqué qu’il s’emploierait à la supprimer s’il arrivait à Matignon…

Redisons-le, sur ce sujet des retraites, nous sommes favorables à l’inverse de ce qu’a imposé Emmanuel Macron. En l’espèce, Macron n’a pas vraiment réformé le système des retraites, il a surtout changé les paramètres de calcul en vigueur, en centralisant un peu plus l’organisation générale du dispositif. Nous sommes pour notre part favorable à la concurrence entre différentes caisses de retraite, favorables à la suppression de l’âge légal de départ, et favorables au libre choix du régime de répartition par les assurés, dans des conditions que nous avons largement décrites en 2023.

Sur le fond, on voit bien aujourd’hui qu’Emmanuel Macron refuse de prendre acte de la majorité parlementaire hostile à sa réforme, même si cette majorité susbsiste malgré toutes ses tentatives de division…

Le Président donne désormais l’étrange spectacle d’un homme seul, arc-bouté sur ses choix politiques malgré le désaveu infligé à ceux-ci par l’opinion, à l’occasion d’élections qui ont fortement mobilisé les citoyens.

Il y a quelques jours, nous avons pourtant expliqué comment un gouvernement pourrait tout à fait amadouer l’opinion en abrogeant facialement la réforme des retraites tout en durcissant son contenu sans que les Français ne comprennent clairement ce qui leur arrive. Mais cette habileté se heurte aujourd’hui, semble-t-il, à la psychorigidité d’un Président qui ne veut pas bouger d’un iota sur une question que l’opinion a tranchée.

Dès le mois de juillet, nous avions annoncé que, face au blocage institutionnel créé par la dissolution de l’Assemblée, le Président aurait la tentation de démissionner pour pouvoir se présenter à nouveau à l’Elysée, avec une légitimité renouvelée, et une probable nouvelle dissolution de l’Assemblée dans la foulée. Sur ce point, il est très probable que le Conseil Constitutionnel prenne acte de l’ingouvernabilité du pays et accepter la clé de bras à notre texte suprême en autorisant une dissolution moins d’un an après la précédente, dans le cadre d’un nouveau quinquennat.

Même si Macron ne se sent pas forcément à son aise pour solliciter un nouveau mandat tout de suite, on voit mal comment il pourrait désormais échapper à cette solution. Le bonhomme s’est cornérisé tout seul en dissolvant l’Assemblée, en tardant à nommer un nouveau gouvernement et en se braquant sur des points qui rendent manifeste son refus de la démocratie.

On comprend bien le calcul fait par Macron : chaque jour qui passe sans gouvernement (là aussi, nous l’avons écrit cet été) montre que l’Assemblée est incapable de siéger. C’est une bombe à retardement contre la Vè République dont on entend le tic-tac. Mais ce que Macron n’a pas anticipé, c’est que sa propre légitimité à gouverner s’amenuise de jour en jour aux yeux même du bloc central, simplement parce qu’il refuse de composer avec les élus du peuple…

La suite des événements est désormais assez simple à schématiser :

  • soit Macron nomme un Premier Ministre de cohabitation qui abrogera immédiatement la réforme des retraites
  • soit il refuse cette extrémité et le blocage institutionnel l’obligera à démissionner

On notera que, « innocemment », Edouard Philippe vient d’ailleurs d’annoncer sa candidature à l’élection présidentielle, y compris dans l’hypothèse d’une présidentielle anticipée… Bizarre, comme c’est bizarre. Vous avez dit « bizarre » ?


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