Donald Trump a directement appelé le président de la FIFA, Gianni Infantino, pour faire annuler le carton rouge infligé à Folarin Balogun lors du match États-Unis – Bosnie-Herzégovine en Coupe du monde. La FIFA a obtempéré en invoquant l’article 27 de son code disciplinaire, suspendant la sanction pour un an avec sursis. L’attaquant américain, clé de l’équipe, pourra ainsi affronter la Belgique en huitièmes de finale. Cette intervention présidentielle, célébrée par Trump sur les réseaux comme la réparation d’une « grande injustice », révèle au grand jour les rapports de force qui régissent le sport mondial.
L'annulation de la suspension de Folarin Balogun, après une intervention directe de Donald Trump auprès du président de la FIFA, Gianni Infantino, provoque une onde de choc dans le football mondial. Alors que l'attaquant américain pourra finalement affronter la Belgique, cette décision relance les interrogations sur l'indépendance de la gouvernance du sport face aux intérêts politiques et financiers.
Une décision exceptionnelle sous pression présidentielle
Le 1er juillet, Folarin Balogun écope d'un carton rouge automatique contre la Bosnie-Herzégovine, synonyme de suspension pour le huitième de finale face à la Belgique. Sanction sans appel possible, selon le règlement même de la FIFA.
USA-USA-USA 🦅 https://t.co/yKnJxew9tU pic.twitter.com/75KmExgrUJ
— The White House (@WhiteHouse) July 5, 2026
Quatre jours plus tard, coup de théâtre : invoquant l'article 27 de son code disciplinaire, l'instance suspend la sanction avec sursis. Le président américain n'a pas caché son implication, saluant publiquement la décision sur les réseaux sociaux et remerciant la FIFA d'avoir, selon lui, « réparé une grande injustice ». L'entraîneur américain Mauricio Pochettino a également défendu la décision en rappelant que des dérogations comparables avaient déjà été accordées par le passé, notamment à Cristiano Ronaldo lors des qualifications.

Cependant, le timing et le canal présidentiel changent tout : il s’agit cette fois d’une pression directe du pouvoir exécutif d’une grande puissance sur une organisation censée incarner l’universalité du sport.
Une FIFA à vendre au plus offrant
La réaction internationale a été immédiate. La Fédération belge s'est dite « stupéfaite » de voir le règlement modifié à la veille d'un huitième de finale décisif. L'entraîneur de la Belgique, Rudi Garcia, a déclaré lors d'une conférence de presse dimanche qu'il "ne savait pas qu'à la Coupe du monde de la FIFA, le 5 juillet est maintenant le 1er avril".
L'UEFA a évoqué une « ligne rouge franchie », qualifiant cette intervention d'« incompréhensible » et de « sans précédent ». Des figures du football, telles que Wayne Rooney, ont qualifié la décision de "honte absolue", soulignant que l'influence politique sape les principes du fair-play.

La RTS parle ouvertement d'« ingérence politique », rappelant les épisodes les plus controversés de l'histoire des Coupes du monde, tandis que le commentateur belge Vicente Langendries a dénoncé sur la RTBF une « collusion » entre la Maison-Blanche et la FIFA. La presse belge s'interroge désormais sur la crédibilité d'une institution qui revendique pourtant une stricte neutralité.
How US Soccer got Folarin Balogun’s suspension overturned — including Trump’s phone call. Read today's cover here: https://t.co/UWY1RMHpLN pic.twitter.com/P93lWAXMlW
— New York Post (@nypost) July 6, 2026
À l'inverse, plusieurs médias américains favorables à Donald Trump ont présenté cette décision comme une simple réparation d'une erreur arbitrale, certains évoquant même la menace d'une action judiciaire de la Fédération américaine contre la FIFA.

Cette affaire illustre parfaitement les dynamiques de pouvoir dans le football international. Lorsque le chef de la première puissance mondiale intervient personnellement dans une procédure disciplinaire, la question n'est plus seulement juridique : elle touche à la crédibilité même des institutions.
Au fond, ce n'est pas une affaire de justice sportive, c'est une affaire de rentabilité. Les États-Unis, coorganisateurs du tournoi avec le Canada et le Mexique, misent des milliards de dollars de droits télé, de sponsoring et de billetterie sur la performance de leur équipe nationale. Un parcours américain jusqu'en quarts de finale, inédit depuis 2002 , vaut infiniment plus à la FIFA qu'un principe d'équité sportive appliqué avec rigueur. Infantino, qui cultive une proximité avec Trump depuis des mois, avait tout intérêt à ne pas fâcher l'hôte principal de son tournoi.


