Foot business Foot politique, par Michel Goldstein

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La Coupe du monde de football 2034 est attribuée à l’Arabie Saoudite. Seul candidat.Tout s’achète, tout à un prix. Les scandales à répétition, les aberrations monumentales, les levées de boucliers sont totalement impuissants face à l’argent et la politique.

L’attribution de la coupe du monde 2022 au Qatar a fait couler beaucoup d’encre et défrayé la chronique pendant des années face à la super puissance de la FIFA (Fédération internationale de football associative) une association à but non lucratif.

Nous avions démontré par le passé les collusions entre le politique, avec l’intervention du Président Sarkozy aujourd’hui enchaîné au pied par un bracelet électronique, et le monde du football.

Nous voilà avec un nouveau scandale qui passe totalement inaperçu,l’attribution de la coupe du monde 2034 à l’Arabie Saoudite.

La FIFA s’est mis un maximum de pays dans la poche et fait surtout rentrer de l’argent dans ses caisses pour continuer son train de vie bien supérieur à beaucoup de pays.

Le choix de la politique et du business

Comme le suspense était nul, la FIFA n’a même pas, comme à son habitude, organisé un congrès pour accueillir, avec le faste habituel, ses 211 membres. Elle s’est contentée en toute discrétion, d’une réunion virtuelle, vite expédiée, pour valider des choix déjà décidés en amont.

L’Arabie Saoudite n’avait pas d’adversaire.

La FIFA depuis l’attribution de la coupe du monde au Qatar a totalement changé de stratégie. Pour calmer le jeu, elle a décidé de d’octroyer les deux prochaines coupes du monde à plusieurs pays mécontents de voir leurs candidatures rejetées. Il faut suivre, pour comprendre :

2026 États Unis, Canada et Mexique. Les États Unis furieux en 2022 d’avoir été éjecté par le Qatar ont eu un prix de consolation.

2030 la candidature conjointe de l’Espagne et du Portugal, rejointe par le Maroc.Un ticket gagnant pour Gianni Infantino le président de la FIFA.

La fédération marocaine, candidate malheureuse à plusieurs reprises dont la dernière en 2026, enfin récompensée. Pourquoi ?

Tour de passe-passe

Pour pouvoir donner la coupe du monde à l’Arabie Saoudite, la FIFA a oeuvré avec des subtilités incroyables afin d’arroser toutes les fédérations et soumettre les autres.

Revenons à la coupe du monde 2030.

Celle-ci se déroule en principe en Europe en vertu du principe de rotation des continents. Alors on y ajoute le Maroc pour satisfaire le continent Africain.

Pour empêcher ainsi le continent africain de postuler pour 2034.

Dans la foulée, la FIFA sort de son chapeau trois matches de groupe en Uruguay, en Argentine et au Paraguay pour obtenir de la même façon le retrait de la candidature rivale issue d’Amérique du Sud en 2034.

Les joueurs vont beaucoup voyager sur différents continents pour une organisation Européenne.  Vous suivez ?

Tapis rouge pour l’Arabie Saoudite

Dans les règlements de la FIFA, il est interdit à une confédération de postuler deux fois de suite.

Résultat : Pour 2034 l’Amérique du Sud est hors-jeu ainsi que le continent africain et donc l’organisation forcément accordée à un pays d’Asie ou d’Océanie.

Vous suivez toujours ?

Afin de montrer que tout se fait en toute démocratie et transparence, l’Australie a fait illusion quelques semaines avant de renoncer, convaincue que la FIFA roulait à fond pour les saoudiens qui ont décroché le Graal sans adversaires.

Un coup de maître. Ce n’est pas fini.

La FIFA ne s’embarrasse de rien pour obtenir ce qu’elle veut. Changeant elle-même son règlement pour faciliter la candidature saoudienne.

Désormais un pays peut n’avoir que quatre stades, en attendant d’en construire d’autres, au moment de se déclarer, alors qu’il en fallait auparavant au moins sept. L’Arabie Saoudite n’a que quatre stades.

Le mondial du centenaire de la FIFA aura lieu en grande pompe

Le mondial du centenaire 2030 va donc unir six pays. Dont trois rencontres prévues les 9 et 8 juin 2030, dans la fraîcheur de l’hiver austral.

Les six équipes concernées et leurs supporters traverseront l’Atlantique pour les 101 autres matches, du 13 juin au 21 juillet.

Des déplacements aériens inutiles, des équipes, médias et supporters, à l’encontre des engagements environnementaux.

Le sport à l’encontre des valeurs

L’Arabie Saoudite, un régime peu démocratique mais si riche…

La FIFA peu regardante tant que l’argent coule à flots est prête à laisser filer certains principes et certaines valeurs depuis si longtemps.

Nous allons revivre le même psychodrame de calendrier international infernal, comme au Qatar en 2022.

Il paraît impossible d’organiser la coupe du monde en été dans un pays désertique bordé par la mer rouge et le golfe Persique. En juin et juillet, la température moyenne est de 38 degrés avec des pointes à 48 voir 50 degrés.

Construire 11 nouveaux stades

Le projet de mondial saoudien implique des efforts financiers, écologiques et humains colossaux pour être réalisé. Avec des projets délirantsde 15 stades.

4 stades à rénover et 11 nouveaux stades modernes répartis dans les cinq villes hôtes de cette coupe du monde :

Ryad, la capitale, Djeddah, Al Khbar, Abha et Neom la ville futuriste.

Le tout dans la démesure avec le futur stade du Roi Salman choisi pour recevoir les matches d’ouvertures et la finale du tournoi qui devrait accueillir 92 000 places, ce qui en ferait le 15e plus grand stade du monde.

Dans un pays ou le football n’est pas roi.

L’alcool sera aussi interdit pour les supporters, mais pas pour les riches clients des hôtels de luxes.

La consommation et la possession d’alcool dans le pays sont passibles d’amendes, de peines de prisons, de flagellation publique et d’expulsion du territoire pour les étrangers en principe.

Le sens écologique

Autre preuve de l’ambition du pays, la ville de Neon aura son stade à la pointe de la technologie.

Cette ville n’est pas encore construite et fait déjà débat. Le projet de ville du future le plus important à l’échelle mondiale voit ses investisseurs quitter le navire.

L’enceinte sportive de la ville futuriste doit être l’exemple historique d’une construction totalement écologique. Le stade fonctionnera entièrement à l’énergie renouvable, générée principalement par des sources éoliennes et solaires, une révolution dans sa conception.

Mais en réalité quel sera le coût carbone et humain de cette folie ?

Violations des droits humain

En validant par acclamation le dossier saoudien, la FIFA a décidé d’ignorer les problèmes avérés dans un pays ou les travailleurs migrants sont exploités et victimes de racisme, militants condamnés à des dizaines d’années de prison pour s’être exprimés pacifiquement, une discrimination légalisée, la place de la femme toujours ignorée ou encore des habitants expulsés de force pour faire place à des projets d’État.

Le plus grand mondial de l’histoire

L’Arabie Saoudite veut marquer les esprits, l’Arabie Saoudite comme le Qatar veut montrer au monde entier que c’est un pays important et respectable.

L’édition 2034 sera la première à accueillir 48 sélections dans un seul pays. Un rêve au coût astronomique avec un engouement artificiel comme au Qatar.

L’argent, toujours l’argent, par le sport pour obtenir une crédibilité politique.


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