Résiliation facilitée de sa mutuelle : ce qu’il faut savoir pour le jour J

Résiliation facilitée de sa mutuelle : ce qu’il faut savoir pour le jour J


Partager cet article

Tous les français pourront bientôt rompre leur contrat de mutuelle n’importe quand dans l’année. Un décret doit prochainement paraître pour permettre aux assurés de résilier leur contrat à tout moment. Qui pourra résilier, à quelles conditions et comment ? Voici ce qu’il faut savoir.

par Léo Guittet

Docteur en droit à Tripalio et spécialiste des conventions collectives

Aujourd’hui, si vous voulez résilier votre contrat de mutuelle, la règle est encore la suivante : vous devez envoyer un courrier à votre assureur avant le 30 octobre de l’année en cours pour le prévenir que vous voulez le quitter. Votre départ sera acté le 31 décembre au soir. Cette règle sera très vite de l’histoire ancienne.

Tous les assurés seront prochainement libres de changer de mutuelle en cours d’année avec la réforme qui va entrer en vigueur.

Résilier sa mutuelle sera bientôt possible

C’est une loi datée du 14 juillet 2019 qui ouvre la possibilité de rompre son contrat de complémentaire santé à tout moment. Même si cette loi a plus d’un an, elle n’est pas encore applicable. Elle le sera au plus tard le 1er décembre 2020, dans 3 mois.

Une fois qu’elle sera en vigueur, tout assuré pourra en bénéficier, mais pas n’importe comment.

Notons qu’un assureur ne pourra jamais vous faire payer de pénalité ou de frais supplémentaires si vous décidez de mettre fin à votre contrat. Bien au contraire, vous serez même remboursé de l’éventuel trop-perçu de cotisation que votre organisme aurait pu recevoir de votre part, au moment de votre départ.

l'adhérent peut dénoncer l'adhésion ou résilier le contrat et le participant peut dénoncer l'affiliation, après expiration d'un délai d'un an à compter de la première souscription, sans frais ni pénalités. La dénonciation de l'adhésion, la résiliation du contrat ou la dénonciation de l'affiliation prend effet un mois après que l'institution de prévoyance ou l'union en a reçu notification par le participant ou l'adhérent.    

Loi relative à la résiliation sans frais de contrats de complémentaire santé

Quelles sont les conditions à respecter ?

Si vous voulez rompre votre mutuelle après le 1er décembre 2020, plusieurs règles seront à respecter.

Règle n°1

: vous devrez avoir au moins 1 an d’ancienneté dans le contrat que vous voulez résilier.

Cela veut dire que vous ne pourrez pas adhérer à une mutuelle pendant 4 mois puis résilier votre contrat pour un autre assureur, quelle qu’en soit la raison. La sélection de votre complémentaire santé reste donc une étape importante qui vous demandera toujours de comparer les remboursements proposés et le montant de la cotisation que vous devrez payer.

Règle n°2

: vous devrez attendre un mois avant de quitter définitivement votre mutuelle.

En d’autres termes, lorsque vous enverrez votre demande de résiliation à votre assureur, il s’écoulera un mois plein entre la réception de la demande et la fin du contrat. Vous aurez tout intérêt à envoyer un courrier en recommandé avec accusé de réception afin d’avoir une preuve de la date à laquelle votre demande a été reçue.

Règle n°3

: si vous partez vous assurer chez un autre assureur, c’est à lui de faire les démarches de résiliation.

Comme c’est le cas pour les assurances automobiles, votre nouvel assureur santé devra s’occuper des démarches de résiliation de votre contrat. Votre nouvel organisme d’assurance santé devra veiller à ce que vous soyez toujours couvert par un contrat et fera lui-même les démarches pour mettre fin à votre ancien contrat et démarrer votre nouvelle couverture santé.

Restez connectés, nous reviendrons prochainement sur des questions pratiques liées à la résiliation des contrats de complémentaire santé en cours d’année.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Royaume-Uni : 12 000 arrestations par an pour des messages sur les réseaux

Royaume-Uni : 12 000 arrestations par an pour des messages sur les réseaux

Plus de 12.000 personnes ont été arrêtées en une seule année au Royaume-Uni pour des messages publiés sur Internet, soit environ 33 arrestations par jour. Derrière l'objectif de lutte contre les contenus offensants ou menaçants, une question s’impose : jusqu’où un État démocratique peut-il aller dans la surveillance et la répression de la parole en ligne sans fragiliser les libertés fondamentales ? LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaqu


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Pas-de-Calais: l'ex-maire payait ses bijoux avec l'argent de la commune

Pas-de-Calais: l'ex-maire payait ses bijoux avec l'argent de la commune

À Haplincourt, petite commune du Pas-de-Calais, l’ancien maire Michel Flahaut a été condamné le 2 juin 2026 à 12 mois de prison avec sursis, 10 000 € d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Le tribunal judiciaire d’Arras l’a reconnu coupable d’avoir utilisé de fausses factures pour détourner des fonds municipaux au profit de dépenses personnelles : restaurants, bijoux et remboursement des traites de la maison familiale. Son épouse a écopé de six mois avec sursis, 5 000 euros d’amende avec sursis e


Rédaction

Rédaction

Raoult, Perronne : du complotisme au doute libérateur

Raoult, Perronne : du complotisme au doute libérateur

Et si la question la plus subversive de l'époque n'était pas « qui ose dire la vérité ? » mais « où sont vos preuves ? » — y compris, surtout, posée d'un "dissident" à l'autre ? Nous publions aujourd'hui gratuitement un Guide de la liberté de la presse téléchargeable. Il tient en une discipline : on ne publie librement qu'à condition de pouvoir répondre de ce qu'on avance. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Cour des comptes: 316 milliards dépensés pour les territoires, sans le moindre bilan

Cour des comptes: 316 milliards dépensés pour les territoires, sans le moindre bilan

L'État français a un problème avec l'argent public : il en dépense des sommes colossales sans jamais vérifier l'effet produit. La Cour des comptes l'a rappelé dans son rapport annuel de mars 2026 : 316 milliards d'euros sont injectés chaque année dans les politiques d'attractivité des territoires et pas un euro n'est correctement évalué. La raison ? Une constellation d'acteurs (l'État central, ANCT, ADEME, ANRU, collectivités locales) se partage les enveloppes dans un tel éparpillement que tout


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany