Par Vincent Clairmont
L'once d'or s'échange ce mardi 16 juin autour de 4 300 dollars sur le marché spot de Londres, soit environ 3 950 euros. C'est plus de 20 % en dessous du record de fin janvier, où le métal avait frôlé 5 600 dollars. La question qui dominait les messages de lecteurs au printemps — est-il trop tard pour acheter ? — a changé de signe. Depuis la correction, on me demande l'inverse : à partir de quel seuil faut-il vendre ? Ma réponse tient en une phrase, puis je la déplie. Le bon seuil de vente n'est pas un prix. C'est un poids.
Pourquoi le seuil en prix est une fausse piste. Vendre « à partir de tel cours » suppose qu'on sache reconnaître un sommet. Personne ne le sait. Ceux qui s'étaient juré de vendre à 5 000 dollars ont, pour la plupart, attendu 5 500 ; ceux qui visaient 5 500 ont vu le métal redescendre à 4 300 sans avoir rien vendu. Le seuil en prix transforme un actif de protection en pari de spéculateur, et il vous fait jouer un jeu — la prévision du point haut — que les professionnels eux-mêmes perdent régulièrement. Ce n'est pas pour cela que vous détenez de l'or.
Le seuil pertinent : la part dans votre patrimoine. L'or, dans l'allocation