Par Vincent Clairmont
L'once cote 4 061 dollars ce mercredi matin sur le marché spot, soit environ 113,50 euros le gramme. Depuis dix jours, une phrase circule dans les commentaires et dans vos messages : les banques centrales ralentissent sur l'or. Elle s'appuie sur un chiffre réel — 345 tonnes d'achats nets au premier semestre, le plus faible depuis quatre ans.
Et pourtant cette phrase est fausse. Je vous explique pourquoi, parce que la lecture correcte de ce rapport change ce que vous devez faire de votre poche or : rien.
Ce que dit vraiment le rapport du 30 juillet
Le World Gold Council a publié ses Gold Demand Trends du deuxième trimestre. Les banques centrales y ont acheté 288,9 tonnes nettes, en hausse de 62 % sur un an — le plus fort deuxième trimestre de toute la série statistique. La Pologne mène avec 51 tonnes sur le trimestre, la Chine suit avec 33 tonnes, sa plus grosse acquisition trimestrielle depuis fin 2023.
D'où vient alors le chiffre semestriel médiocre ? De l'autre côté du solde. Les achats nets — glosons, puisque c'est là que tout se joue — sont la différence entre ce que les banques centrales achètent et ce qu'elles vendent. Un agrégat, donc, qui écrase deux comportements opposés en une seule ligne. Au premier semestre, la Turquie, la Russie et l'Azerbaïdjan ont vendu. Leurs cessions ont