À Haplincourt, petite commune du Pas-de-Calais, l’ancien maire Michel Flahaut a été condamné le 2 juin 2026 à 12 mois de prison avec sursis, 10 000 € d’amende et cinq ans d’inéligibilité. Le tribunal judiciaire d’Arras l’a reconnu coupable d’avoir utilisé de fausses factures pour détourner des fonds municipaux au profit de dépenses personnelles : restaurants, bijoux et remboursement des traites de la maison familiale. Son épouse a écopé de six mois avec sursis, 5 000 euros d’amende avec sursis et deux ans d’inéligibilité. Ensemble, ils devront rembourser 22 366 euros à la commune.
Condamné le 2 juin 2026 par le tribunal d'Arras, Michel Flahaut a détourné des dizaines de milliers d'euros d'argent public via de fausses factures, pour financer un train de vie personnel. Sa femme, complice de recel, a elle aussi été sanctionnée. À Haplincourt, 400 âmes dans le Pas-de-Calais, la confiance démocratique de proximité a été trahie dans les règles de l'art.
Des fausses factures pour financer ses dépenses privées
Maire d’Haplincourt de 2014 à 2026, Michel Flahaut, âgé de 56 ans, a émis au moins six fausses factures pour des travaux fictifs. Ces documents mettaient en scène une structure fictive et une association dirigée par sa compagne. L’argent détourné de plusieurs dizaines de milliers d’euros, a servi à payer des restaurants, des bijoux et les traites de la maison familiale, aujourd’hui saisie.

Les faits ont été révélés il y a environ deux ans et demi par la secrétaire de mairie. La secrétaire de mairie a fait le travail que les corps de contrôle n'avaient pas fait.Dans un premier temps, l’ancien maire de 56 ans avait dénoncé un prétendu complot. Ce n’est qu’à l’audience d’avril 2026 qu’il a reconnu avoir émis les fausses factures.

Sa compagne a été condamnée à six mois de prison avec sursis, 5 000 € d’amende avec sursis et deux ans d’inéligibilité pour recel de détournement de fonds publics et abus de confiance. Le couple devra rembourser 22 366 € à la commune, régler des frais judiciaires et verser 1 500 € au titre du préjudice moral. Ils disposent de dix jours pour faire appel. À la peine principale s’ajoutent 3 900 € à verser à l’Urssaf pour les infractions liées au travail dissimulé.
La petite commune, terrain de chasse idéal
Cette affaire rappelle une réalité souvent occultée : le contrôle de la dépense publique est parfois plus fragile dans les petites collectivités, où les circuits de décision sont concentrés et les contre-pouvoirs limités. Les montants en jeu sont modestes à l’échelle nationale, mais ils pèsent lourd pour une commune rurale.

En effet, dans les très petites communes, les contrôles internes sont quasi inexistants, les budgets opaques, et l'élu cumule souvent des pouvoirs qu'aucun contre-pouvoir local ne vient tempérer.
L'Etat a laissé prospérer ce pillage pendant dix ans c'est l'État français et ses chambres régionales des comptes, trop rares, trop lentes, trop tard.

Les contribuables d’Haplincourt ont vu leur argent dilapidé sans que la vigilance institutionnelle ne joue son rôle en amont. Dans un pays où la pression fiscale reste lourde, chaque euro détourné par un élu constitue non seulement un vol, mais un révélateur de l’arrogance d’une partie des « serviteurs de l’État » qui se servent d’abord eux-mêmes.


