Ormuz ? ou le retour de la vassalité française, par Thibault de Varenne

Ormuz ? ou le retour de la vassalité française, par Thibault de Varenne

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Le détroit d'Ormuz est fermé depuis le 28 février dernier, et le baril a oscillé autour de cent trente dollars depuis (même s'il est redescendu au gré des foucades de Trump). Le carburant a augmenté en France de trente-six pour cent. L'inflation européenne a été révisée à 4,4 %. Voilà la facture visible. Reste l'autre — celle dont on ne parle pas, parce qu'elle se présente sous la forme d'une absence.

L'absence est la nôtre. La France ne pèse rien dans cette guerre. Elle n'a pas été consultée avant l'opération aérienne du 28 février. Elle n'a pas de canal direct avec Téhéran. Elle n'a pas non plus de canal avec Riyad qui serait autre chose qu'un canal commercial. Quand Washington traite, elle l'apprend par les dépêches. Quand le Conseil de sécurité se réunit, son siège est devenu décoratif. Personne ne le remarquera.

Il y a soixante ans, le 21 février 1966, le général de Gaulle annonçait aux Français le retrait des forces françaises du commandement intégré de l'OTAN. Il en donnait trois raisons. La première était la volonté de la France de disposer d'elle-même, ce qui, disait-il, est indispensable pour qu'elle croie à son propre rôle et pour qu'elle puisse être utile aux autres. La deuxième tenait à la dissuasion nucléaire : « Notre pays, devenant par ses propres moyens une puissance atomique, est amené à assumer lui-même les responsabilités politiques et stratégiques que cela comporte ; et ces responsabilités, par leur nature et leur dimension, sont évidemment inaliénables. » La troisième observait que l'Occident n'était plus menacé comme il l'était à l'installation du « protectorat américain ». Le mot était de lui.

On voudrait nous faire croire que ce langage est daté. On s'y emploie ; on y consacre des moyens éditoriaux considérables. Mais l'argument n'a pas vieilli, et il a même gagné en pertinence depuis qu'on l'a abandonné. Un pays qui ne dispose plus de soi cesse d'être utile à ses alliés ; il ne porte rien qui lui appartienne ; il ne porte que ce qu'on lui dit de porter. Et au moment où un partenaire engage une guerre dont les conséquences pèsent sur lui, il paie sans avoir voix au chapitre. C'est exactement ce qui s'est passé entre le 28 février et aujourd'hui.

Le 4 avril 2009, sous Nicolas Sarkozy, la France a réintégré le commandement militaire intégré de l'OTAN dans une discrétion d'ailleurs significative. On a appelé cela une normalisation. Le mot était parfait : on est rentré dans la norme. Depuis, la France paie chaque guerre qu'elle accompagne sans la décider — Afghanistan, Libye, Sahel, Syrie, et désormais Iran. La parenthèse 2003 — la diplomatie Villepin

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