Par Thibault de Varenne
Le 17 juin, la France prêtait Versailles à la paix américano-iranienne. Le 3 septembre, un mariage était bombardé dans l'Hormozgan et six millions de foyers français payaient leur gaz 5,6 % plus cher. Entre les deux, aucune décision prise à Paris. Une flotte, un décor, une facture : ce que l'inféodation atlantiste coûte quand on ne la nomme plus.
Le 1er septembre, six millions de foyers français ont vu leur prix repère du gaz augmenter de 5,6 %. La Commission de régulation de l'énergie a eu l'honnêteté de dire pourquoi, en une phrase : la hausse est entièrement liée aux marchés, et les marchés au conflit du Moyen-Orient. Une famille qui se chauffe au gaz paiera une centaine d'euros de plus dans l'année. Personne ne l'a consultée. Personne ne consultera davantage le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, qui relèvera ses taux le 10 septembre, l'inflation de la zone euro étant remontée à 3,3 % en août, l'énergie seule à 14,3 %. La guerre d'Iran n'a pas de front en France. Elle a une facture.
Il faut rappeler la chronologie, parce que la mémoire des guerres lointaines est courte. Le 28 février, une opération américano-israélienne frappe plusieurs villes iraniennes. Téhéran répond par des missiles sur les bases américaines et ferme de fait le détroit d'Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole mondial. Un