Par Vincent Clairmont
L'once d'or s'échange autour de 4 650 dollars ce 24 août (Trading Economics), en reprise de près de 14 % sur les 4 061 dollars du début du mois — la purge de juillet, la pire chute trimestrielle depuis 2013, a été rachetée en trois semaines. Pendant cette même purge, les banques centrales ont acheté 288,9 tonnes nettes au deuxième trimestre, un record pour un T2, en hausse de 62 % sur un an selon le World Gold Council. Ces deux chiffres racontent la même histoire. Trois mécanismes l'expliquent, et aucun des trois n'est conjoncturel.
Premier mécanisme : février 2022 a changé la nature de la réserve de change
Le gel d'environ 300 milliards de dollars d'avoirs de la banque centrale russe a établi un fait que tout banquier central du Sud Global a enregistré : une réserve en dollars — ou en euros — est un actif conditionnel, révocable par décision politique du pays émetteur. L'or physique, détenu dans ses propres coffres, est le seul actif de réserve sans risque de contrepartie ni de juridiction. La demande qui en découle est structurelle, insensible au prix : 863 tonnes nettes en 2025, des achats poursuivis pendant la chute de juillet (Pologne +51 tonnes, Chine +33 tonnes sur le seul T2). On n'achète pas une performance, on achète une sortie de juridiction — c'est pourquoi la correction de juillet n'a rien interrompu.
Deuxième mécanisme : la dédollarisation ne passe pas par le yuan
Les données COFER du FMI sont sans ambiguïté : la part du dollar dans les réserves mondiales est tombée de plus de 70 % en 2000 à environ 57 % aujourd'hui, mais le renminbi plafonne à 1,99 %. Aucune banque centrale ne veut