Par Élise Rochefort
Les universités d'été de La France insoumise se sont achevées le 23 août à Châteauneuf-sur-Isère, près de Valence. Dans son discours de clôture, Jean-Luc Mélenchon a annoncé la censure du gouvernement Lecornu sur le budget 2027 et lancé sa campagne pour 2027. Les chiffres de fréquentation, eux, n'ont qu'une seule source : les organisateurs.
Les Amfis, universités d'été de La France insoumise, se sont tenues du 20 au 23 août 2026 à Châteauneuf-sur-Isère (Drôme), près de Valence. Jean-Luc Mélenchon a prononcé le discours de clôture dimanche 23 août. Le mouvement présente cette édition comme le lancement de sa campagne pour l'élection présidentielle de 2027.
La fréquentation
Les chiffres disponibles proviennent des organisateurs. Fin juillet, le mouvement annonçait plus de 4 000 inscrits ; à l'ouverture, la communication de LFI évoquait environ 7 000 participants ; en cours d'événement, le chiffre de 8 000 militants a été avancé ; pour le meeting final, les organisateurs revendiquent plus de 10 000 personnes, présenté comme un record de l'événement. Aucun comptage indépendant n'a été publié à ce jour ; la progression des chiffres au fil de la semaine relève de la communication du mouvement.
Le programme comportait, selon les organisateurs, 94 conférences, près de 200 invités extérieurs, huit grands entretiens et 23 sessions de formation. Les « Amfis jeunes », organisées en amont, ont réuni plus de 700 participants selon la même source. Franceinfo, en reportage sur place, décrit des militants « confiants » pour 2027.
Le contenu du discours
Quatre annonces structurent l'intervention de dimanche.
Sur l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon estime que « la victoire est possible » en 2027. Il rappelle avoir manqué la qualification au second tour en 2022 pour environ 420 000 voix. Il promet une « VIe République écologique, sociale et populaire » et annonce la fin du « vieux monde » et de l'ère Macron (FPOP).
Sur le budget, il annonce que LFI censurera le gouvernement de Sébastien Lecornu sur le projet de loi de finances pour 2027, « qui aggravera tous les maux » de l'économie française, jugée « au bord de la récession » (AFP via Boursorama).
Sur la dette, il propose que la Banque centrale européenne « mette les dettes d'État au congélateur, en commençant par celles de la période Covid ». Sur la fiscalité, il annonce vouloir « faire payer des impôts aux dizaines de milliers de grandes fortunes et aux multinationales qui n'en paient pas » et instaurer une taxe sur les superprofits.
Les réponses et les lectures
Sébastien Lecornu a répondu sur la proposition de gel de la dette : les intérêts de la dette détenue par la Banque de France sont, selon lui, reversés au Trésor sous forme de dividendes — « autrement dit, ce que vous proposez ne rapporte rien ». La proposition et l'objection portent sur des mécanismes distincts (annulation d'un stock, circuit des intérêts) sans qu'un chiffrage contradictoire ait été produit de part et d'autre.
Les lectures de presse divergent sur la tonalité. Ici Drôme-Ardèche décrit « un discours moins offensif et centré sur l'écologie » ; Le JDD retient au contraire une entrée en campagne offensive articulée sur la censure et la dette. Les deux comptes rendus portent sur le même texte.
Le contexte électoral
Dans les enquêtes agrégées au 23 août, Jean-Luc Mélenchon est crédité de 14,8 % des intentions de vote au premier tour, au coude-à-coude avec Édouard Philippe (16,3 %) pour la deuxième place, derrière Marine Le Pen (35,8 %) et Jordan Bardella (34,8 %) selon les hypothèses (Odoxa via Public Sénat). À gauche, aucune procédure commune de désignation n'est actée à ce jour.
La censure annoncée sera mesurable à l'automne, lors du dépôt du projet de loi de finances. Les effets du lancement de campagne le seront au fil des enquêtes d'intention de vote.