Musk fait machine arrière sur les promesses d’auto-conduite

Musk fait machine arrière sur les promesses d’auto-conduite


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Alors que l’industriel à succès (Tesla, X, Space X…) Elon Musk a déclaré que son entreprise s’apprête à lancer un service de transport autonome en Californie et au Texas. Tesla, par la voix de son PDG Elon Musk, a cependant reconnu que le HW3, l’ordinateur  de bord installé dans des millions de véhicules Tesla, pourrait ne pas être suffisant pour atteindre l’objectif tant vanté de la conduite autonome complète, connue sous le nom de « Full Self-Driving » (FSD). Musk reconnaît que son ordinateur de bord HW3 approche de ses limites en ce qui concerne la conduite autonome. Cependant, Tesla  introduit, en ce moment, la quatrième version de cet ordinateur, HW4, un modèle plus puissant.


En 2016, Elon Musk a déclaré que tous les futurs véhicules Tesla seraient équipés de « tout le matériel nécessaire pour permettre la conduite autonome ». Il a même évoqué à un moment la « conduite autonome de niveau 5 », le plus haut degré d’autonomie, où un véhicule peut circuler partout, à tout moment et dans n’importe quelles conditions. Cependant, les progrès ont été plus lents que prévu, et de nombreux experts ont exprimé des doutes sur la capacité du HW3 à répondre à ces attentes. Elon Musk a récemment admis qu’il existait une « certaine chance » que le HW3 n’atteigne pas les niveaux de sécurité requis pour une autonomie complète sans surveillance, un fait qui marque un tournant important dans le discours de Tesla sur l’autonomie. Malgré les promesses de Musk, il paraît peu probable que Tesla parvienne à la conduite autonome de niveau 5 avec le HW3.

Un aveu de faiblesse technologique

Depuis plusieurs années, Tesla promet que ses véhicules équipés du HW3 seraient capables de conduite autonome sans surveillance.  Mais Musk a avoué  que Tesla avait probablement sous-estimé les besoins en puissance de calcul à bord pour rendre cette autonomie possible. Le PDG a expliqué que le HW4, la nouvelle version de l’ordinateur installé dans les derniers modèles de Tesla, offrait des capacités bien supérieures à celles du HW3, et que l’intégration des nouvelles fonctionnalités sur le HW3 nécessitait énormément d’efforts.

Ce constat remet en question l’avenir des véhicules équipés de HW3, car il est devenu clair que la technologie pourrait ne jamais atteindre l’objectif d’autonomie promis. Pourtant, Tesla a continué à vendre des véhicules sous la promesse d’une conduite autonome, sans savoir précisément si cela serait possible sur le HW3.

Dans le passé, Elon Musk a affirmé que l’ordinateur HW3 permettrait la conduite autonome. De plus, tous ceux qui avaient acheté le pack Full Self-Driving (FSD) sur des véhicules antérieurs obtiendraient une mise à jour gratuite.

Des mises à jour matérielles promises

Musk a tenté de rassurer les propriétaires de Tesla équipés de HW3 en déclarant que si Tesla arrivait à la conclusion définitive que le HW3 ne pouvait pas supporter la conduite autonome, une mise à niveau gratuite vers le HW4 serait offerte aux clients ayant acheté le package FSD. Toutefois, un autre problème subsiste : le HW4 utilise un harnais de caméra et un facteur de forme différents, rendant une simple mise à niveau du HW3 vers HW4 complexe, voire impossible. Cela impliquerait de redessiner complètement le système pour l’adapter aux anciens modèles, une tâche loin d’être anodine.

Cet aveu de Musk a soulevé des interrogations sur la fiabilité des promesses de Tesla en matière de conduite autonome. Il a reconnu qu’il n’était « pas sûr à 100 % » de ce qu’il faudrait pour atteindre cette autonomie totale. Il avait martelé pourtant chaque année que Tesla résoudrait l’autonomie complète d’ici la fin de l’année. La communauté des experts en IA et en conduite autonome a depuis longtemps exprimé des doutes sur ces prévisions, et les dernières déclarations de Musk semblent valider ces critiques.

Au cours de l’événement « We, Robot » de la société au début de ce mois, Musk a promis de déployer un réseau de covoiturage autonome en Californie et au Texas dès l’année prochaine, à partir de ses véhicules modèle 3 et modèle Y.


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