Par Vincent Clairmont
L'once d'or s'échange ce vendredi autour de 4 044 dollars sur le marché spot (Trading Economics, 24 juillet), en repli d'environ 7 % depuis son record de janvier — pendant que le Brent repasse les 100 dollars pour la première fois depuis mai, que les Houthis annoncent le blocus des ports saoudiens et que le détroit d'Ormuz est à l'arrêt.
La question qui revient dans les messages de lecteurs depuis trois jours tient en peu de mots : pourquoi l'or baisse-t-il pendant une guerre ? Ma réponse : parce qu'il fait son travail — pas celui qu'on croit.
Trois mécanismes expliquent la déconnexion, et aucun n'est mystérieux.
Premier mécanisme : les taux réels
À court terme, le prix de l'or ne suit ni les guerres ni les journaux télévisés — il suit le taux réel, c'est-à-dire le taux d'intérêt nominal diminué de l'inflation anticipée. Or l'inflation américaine repart par les services : l'indice des prix ISM services est au plus haut depuis août 2022, en hausse de 8,3 points en trois mois. Le marché