Jean-Louis Fousseret, maire socialiste puis macroniste de Besançon pendant vingt ans, a été condamné jeudi 9 juillet par la cour d'appel à 10 000 euros d'amende avec sursis et deux ans d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêts. En cause : le licenciement de sa directrice de cabinet Alexandra Cordier en 2019, qui lui a rapporté 82 750 euros aux frais de la mairie. La collaboratrice, elle, sort entièrement blanchie.
La cour d’appel a condamné Jean-Louis Fousseret, ancien maire socialiste puis macroniste de la ville pendant près de vingt ans, pour prise illégale d’intérêts. L’affaire porte sur le licenciement, fin 2019, de sa directrice de cabinet Alexandra Cordier, qui s’apprêtait à mener une liste dissidente aux municipales de 2020.
La cour recentre le dossier sur le conflit d'intérêts
Le 9 juillet 2026, la cour d'appel de Besançon a condamné Jean-Louis Fousseret à 10 000 euros d'amende avec sursis ainsi qu'à deux ans d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêts. En revanche, elle l'a de nouveau relaxé du chef de détournement de fonds publics. Son ancienne directrice de cabinet, Alexandra Cordier, poursuivie dans la même affaire, a été totalement relaxée.

L'affaire trouve son origine dans le licenciement d'Alexandra Cordier fin 2019, quelques mois avant les élections municipales de 2020. Cette rupture de contrat lui a permis de percevoir 82 750 euros d'indemnités. Dans un rapport publié en 2024, la Chambre régionale des comptes avait estimé qu'en raison de sa candidature aux municipales, l'intéressée aurait dû démissionner sans bénéficier de ces indemnités.

La plainte déposée par la nouvelle maire écologiste Anne Vignot s'appuyait notamment sur la participation de Jean-Louis Fousseret à la campagne électorale d'Alexandra Cordier, sur la liste de laquelle il figurait en dernière position.
Quand l'intérêt privé l'emporte sur l'intérêt général
La cour d'appel a tranché : c'est bien la proximité personnelle entre l'élu et sa collaboratrice qui a présidé à la décision de licenciement, au détriment de l'intérêt de la ville.

Pour Me Florent Diaz, avocat de la Ville de Besançon, cette décision de la cour est cohérente : les magistrats ont écarté la qualification de détournement de fonds publics, mais retenu que le licenciement avait été motivé par une relation de proximité particulière entre l'ancien maire et son ancienne collaboratrice.

Le parquet, qui avait fait appel après une première relaxe en 2025, avait requis une amende de 10 000 euros et une peine de prison avec sursis contre l'ancien édile.
Voilà l'asymétrie qu'aucun communiqué municipal ne formulera jamais ainsi : dans le privé, un licenciement de complaisance se paie sur les fonds propres de l'entreprise, sous le regard d'actionnaires qui ne pardonnent rien.
Dans le public, il se paie sur l'impôt local, et la sanction (quand elle vient) tombe six ans plus tard, assortie d'un sursis qui n'a jamais empêché personne de dormir. Vingt ans de mandat, une carrière achevée en douceur, une inéligibilité qui n'inquiète guère un octogénaire : la République récompense ses fidèles jusque dans la chute.



