Lundi 13 avril 2026, la ville de Besançon a déposé plainte pour « provocation à la haine » contre le collectif « féministe-identitaire » Némésis. Motif : une banderole jaune et rouge, déployée la veille pendant le carnaval, qui reliait explicitement violences sexuelles et immigration. Le maire LR Ludovic Fagaut, élu il y a quelques semaines seulement, condamne « fermement » ces faits au nom du « vivre-ensemble ». Pour beaucoup, il s'agit d'une continuité idéologique avec la gauche qu'il a pourtant promise de balayer.

Dimanche 12 avril, en plein carnaval de Besançon, une banderole jaune et rouge de plusieurs mètres a été suspendue à la façade d’un immeuble, au passage du défilé. Le collectif Némésis, connu pour ses positions identitaires, y établissait un lien direct entre viols et immigration. Dans la foulée, le groupe revendiquait son action sur les réseaux sociaux, évoquant une volonté « d’informer » le public sur les violences sexuelles. L’opération n’est pas isolée. Déjà en 2024 et début 2025, le collectif avait perturbé des événements municipaux, notamment une cérémonie officielle de vœux. À chaque fois, la stratégie reste identique : visibilité maximale, message clivant, diffusion virale.
Une riposte judiciaire et politique immédiate
Dès le lundi 13 avril, la mairie annonce le dépôt d’une plainte pour « provocation à la haine ». Le maire LR Ludovic Fagaut, récemment élu après des décennies de domination de la gauche et des écologistes, condamne fermement l’action, au nom du « vivre-ensemble ».
🚨Besançon
— Collectif Némésis (@Coll_Nemesis) April 12, 2026
Aujourd’hui nous sommes allées au carnaval informer les spectateurs sur les chiffres des violences sexuelles liés à l’immigration.
Violeurs étrangers dehors ✈️ pic.twitter.com/NBiZNQMK28
L’ancienne maire écologiste Anne Vignot avait déjà engagé des poursuites contre Némésis en 2023 et en janvier 2025. Même ligne, même réponse pénale, malgré un changement de majorité municipale.
Lors du carnaval de #Besançon, des personnes ont brandi deux pancartes associant migrants et violeurs. Une banderole avec un message similaire a été suspendue sur une façade de la grande rue. Dès demain je porterai plainte pour incitation à la haine pour la Ville.
— Anne Vignot (@Anne_Vignot) April 7, 2024
L’affaire s’inscrit dans un cadre juridique bien balisé : l’article 24 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse réprime la provocation à la haine, avec des peines pouvant atteindre un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Reste à démontrer le caractère intentionnel et public du message.
Ludovic Fagaut a conquis la mairie de Besançon en promettant une rupture avec un siècle de domination de la gauche et des Verts. Il se retrouve aujourd'hui à reprendre mot pour mot leur arsenal répressif contre une expression politique adverse.
Quand la gauche et la droite LR s’accordent pour censurer la réalité
En judiciarisant le débat, on évite de poser les questions qui fâchent : quel impact réel de l’immigration de masse sur la sécurité des femmes ? Quels sont les échecs répétés des politiques d’intégration ? Et surtout, pourquoi refuser le débat sur les données produites par ses propres services de l’État ?

Les données que Némésis brandisse, proviennent d’Interstats (ministère de l’Intérieur) et de la préfecture de police de Paris. On y lit, par exemple, que 63 % des agressions sexuelles dans les transports en Île-de-France sont le fait d’étrangers, ou que 77 % des viols élucidés dans les rues de la capitale en 2023 impliquent des auteurs étrangers, représentant moins de 8 % de la population.
Pour Némésis, l’objectif est clair : imposer ses thèmes dans l’espace public, quitte à provoquer. Pour la municipalité, il s’agit de réaffirmer une autorité symbolique et juridique. À force de pénaliser le débat,les institutions prennent le risque d’en radicaliser encore davantage les termes.
