La Norvège veut un bout du parapluie nucléaire français, par Thibault de Varenne

La Norvège veut un bout du parapluie nucléaire français, par Thibault de Varenne

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Le 27 mai, le Premier ministre norvégien a signé à l'Élysée l'arrangement dit de Narvik, et la Norvège est devenue le neuvième pays à se placer sous ce que Paris nomme désormais sa dissuasion nucléaire avancée.

Un royaume scandinave membre de l'Alliance atlantique, qui partage avec la Russie une frontière arctique, vient chercher auprès de la France une garantie qu'il n'attend plus tout à fait de Washington. On dira que c'est une grande nouvelle. C'en est une. Reste à savoir de quel ordre.

On a beaucoup cité le Général ces jours-ci, et pas toujours à propos. Il faut donc rappeler ce qu'il voulait, car il le voulait avec une précision que l'époque a oubliée. La force de frappe, telle qu'il l'a conçue à partir de 1960, n'était pas un supplément de puissance. Elle était l'instrument d'une indépendance. Elle reposait sur une intuition simple et dure : aucune nation ne risquera sa propre destruction pour en sauver une autre. Washington défendrait-il Paris au prix de New York ? Le Général en doutait, et c'est de ce doute qu'est née la dissuasion française. Une arme nationale, parce que la volonté de s'en servir ne se délègue pas.

C'est ici que l'affaire de Narvik devient intéressante, et qu'elle mérite mieux que les commentaires d'enthousiasme.

Le doute que l'on croyait enterré

L'objection que de Gaulle opposait au parapluie américain vaut, mot pour mot, contre le parapluie français. Si l'on doute que les États-Unis sacrifient une métropole pour Hambourg, comment ne pas douter que la France le fasse pour Oslo ou pour Narvik ? La dissuasion étendue souffre d'une fragilité native : elle promet de mourir pour autrui. Le Général tenait cette promesse pour invérifiable, donc peu crédible. Il en avait fait le fondement de sa doctrine.

Les rédacteurs de l'arrangement le savent, je suppose, mieux que les commentateurs. C'est pourquoi ils ont pris soin d'inscrire, noir sur blanc, qu'il n'y

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