Mercredi soir, au Théâtre Édouard VII à Paris, une représentation de Deuxième partie a été interrompue une dizaine de minutes par trois militantes de "Nous Toutes". Au moment où Patrick Bruel entrait en scène, le slogan « Bruel ! Violeur ! » a retenti. Masquées à son effigie, elles ont transformé un lieu de spectacle en tribunal populaire. L’incident, bref mais symbolique, révèle une nouvelle mécanique : substituer la justice par la pression militante.

Mercredi soir, des militantes du collectif Nous Toutes ont perturbé la représentation de la pièce Deuxième partie au Théâtre Edouard VII à Paris. Lorsque Patrick Bruel est entré sur scène, elles se sont levées et l’ont insulté, avant d’être évacuées par la sécurité. Le spectacle a été suspendu une dizaine de minutes.
Une scène de théâtre transformée en tribunal populaire
Le mercredi 27 mai, alors que la représentation de la pièce Deuxième partie a débuté depuis une quinzaine de minutes au Théâtre Edouard VII, un incident s’est produit. Trois militantes du collectif NousToutes qui faisaient partie du public se sont levées au moment où Patrick Bruel entrait sur scène. Elles portaient un masque à l’effigie de l’acteur-chanteur et elles criaient « Bruel ! Violeur ! ».

Réaction immédiate du public, sidération et tension , intervention de la sécurité, lumières rallumées. La représentation a repris après dix minutes d'interruption. Anecdotique ? En rien. L'action est pleinement assumée par Nous Toutes, qui revendique l'application d'un « principe de précaution » justifiant, selon le collectif, le gel de la programmation de l'artiste.
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Entre présomption d’innocence et tribunal militant
Patrick Bruel est aujourd’hui visé par quatre plaintes pour viol en France ainsi qu’une enquête pour agression sexuelle en Belgique. L’artiste conteste fermement l’ensemble des accusations. À ce stade, aucune condamnation n’a été prononcée.

C’est précisément cette zone grise qui alimente la tension actuelle. D’un côté, la présomption d’innocence demeure un principe fondamental du droit. De l’autre, certains collectifs féministes considèrent que les institutions culturelles ne peuvent attendre une éventuelle décision judiciaire pour agir.

Plusieurs élus locaux ont déjà pris position. Les maires de Paris et de Marseille ont appelé Patrick Bruel à renoncer à certaines représentations. Au Québec, plusieurs concerts ont été annulés ces derniers mois sous la pression associative et médiatique.

Le « principe de précaution » invoqué ici, sert à interdire préventivement des spectacles jugés dérangeants, comme ceux de Dieudonné depuis des années, au nom de l’ordre public ou de la lutte contre la haine. Appliqué à Patrick Bruel, il devient soudain un outil de justice sociale. Deux poids, deux mesures ? L’expression est usée, mais elle colle parfaitement.

Derrière l’indignation morale se cachent aussi des enjeux financiers considérables. Patrick Bruel doit entamer le 16 juin une tournée au Cirque d’Hiver avant plusieurs dates en France, en Suisse et en Belgique. Billets, contrats de salles, assurances, sécurité privée et réputation des organisateurs : chaque représentation devient désormais un risque. Les salles de spectacle, déjà fragilisées économiquement, deviennent des champs de bataille idéologique.