L'humeur de Veerle Daens : quand Trump commence à yoyoter de la touffe sur l'Iran

L'humeur de Veerle Daens : quand Trump commence à yoyoter de la touffe sur l'Iran


Partager cet article

Ah, l’État! Ce monstre froid qui, même lorsqu’il est dirigé par un octogénaire en roue libre, parvient encore à nous vendre ses pulsions meurtrières sous le label « Paix par la Force ». Bienvenue dans le printemps 2026, où l’Opération Epic Fury transforme Téhéran en brasier pendant que le Commandant en chef des États-Unis redécouvre les joies de l’architecture néoclassique... tout en sucrant les fraises !

Le 1er mars restera sans doute dans les annales de la psychiatrie politique. Imaginez la scène : le monde tremble, l’Ayatollah Khamenei vient d’être vaporisé par un missile de croisière, et des soldats américains meurent sous des contre-frappes au Koweït. Que fait l’homme au bouton nucléaire? Il s’arrête dans le Rose Garden, ignore les questions vitales des reporters sur ses objectifs de guerre, et s’extasie devant des bronzes de Benjamin Franklin et Thomas Jefferson. « Statues incroyables, vous verrez, venez les regarder », murmure-t-il, l’œil vitreux, avant de s’éclipser. On hésite : est-ce une stratégie de disruption géniale ou le naufrage définitif d’un esprit qui ne hiérarchise plus un massacre au Moyen-Orient et une rénovation de jardin?

Donald Trump’s Rose Garden Makeover Draws Attention Amid Iran War
President Donald Trump returned to the White House Sunday night to find new additions to the Rose Garden patio. He acknowledged the changes while declining to answer reporter questions about the ongoi…

La presse anglo-saxonne, d’ordinaire si prompte à l’hyperbole, commence à appeler un chat un chat : la sénilité. Et pour une fois, les faits sont têtus. On ne parle pas ici de simples gaffes de grand-père. On parle d’un homme qui, lors de son dernier discours sur l’état de l’Union, affirmait avoir « totalement oblitéré » le programme nucléaire iranien en 2025 , pour nous expliquer six mois plus tard qu’il faut déclencher une guerre totale parce que ce même programme est une « menace existentielle imminente ». Dans le jargon clinique, on appelle cela une confabulation. Dans le jargon libertarien, on appelle cela l'incompétence structurelle d’un État devenu le jouet d’un ego en décomposition.

Le plus savoureux — si l'on apprécie l'humour noir — reste la personnalisation du conflit. « Je l’ai eu avant qu’il ne m’ait », a confié Trump à un journaliste, comme s’il venait de gagner une partie de golf contre Khamenei au lieu de déclencher un séisme géopolitique. Cette vision du monde réduite à une vendetta personnelle est le symptôme ultime de la désinhibition.

Pendant ce temps, ses lieutenants, comme Pete Hegseth ou Karoline Leavitt, s’épuisent à vanter sa « vigueur inégalée ». Mais même la « MAGAsphère » se fissure. Quand Tucker Carlson ou Megyn Kelly commencent à s'inquiéter de voir l'Amérique s'engager dans une énième « guerre éternelle » sans plan de sortie, c'est que l'illusion du génie stratégique s'est évaporée. Le « plan », si l’on en croit les fuites, est de « n’avoir aucun plan ». On bombarde, on tue les successeurs potentiels (par erreur, ou par pur zèle ), et on demande au peuple iranien de « prendre le relais » dans un pays dévasté. C’est la géopolitique du move fast and break things appliquée à une nation de 90 millions d’habitants par un homme qui s’endort à midi.

En tant que libertariens, nous savons que le pouvoir corrompt. Mais ici, nous assistons à une forme de corruption biologique doublée d'une ivresse étatiste. L'administration Trump nous coûte 5 milliards de dollars par semaine pour cette petite aventure  et nous promet une « reddition inconditionnelle » d'un régime dont elle a elle-même pulvérisé tous les interlocuteurs.

Le diagnostic est clair : l'Oncle Sam est entré en phase de démence sénile. Il a la force d’un titan et le focus d’un enfant devant une statue de bronze. Le problème, c'est que c'est nous qui payons la facture, en dollars et en vies humaines, pendant qu'il admire la patine de Thomas Jefferson.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
Faut-il acheter du SpaceX ?

Faut-il acheter du SpaceX ?

Par Vincent Clairmont SpaceX fait son entrée au Nasdaq ce vendredi 12 juin, après un dépôt confidentiel auprès de la SEC le 1er avril : une levée visée jusqu'à 75 milliards de dollars — plus du double du record historique — pour une valorisation d'au moins 1 800 milliards. La question qui sature ma boîte depuis l'annonce tient en quatre mots : faut-il en acheter ? LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'ac


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

"Je soignais en EHPAD au moment du COVID"

"Je soignais en EHPAD au moment du COVID"

Pendant que la France comptait ses morts à la télévision, une animatrice d'Ehpad près de Bordeaux faisait choisir à ses résidents un cadeau à deux euros. Ils demandèrent des berlingots, des myrtilles, un caramel mou. Notre entretien avec Nathalie Firminy, soignante suspendue devenue accompagnante des mourants, dit ce que le pays a fait à ses vieux — et ce qu'il s'est fait à lui-même. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'es


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

AuCOFFRE, VeraCash ou pas ? Et ce que « détenir de l'or » veut dire : réponse à une lectrice

AuCOFFRE, VeraCash ou pas ? Et ce que « détenir de l'or » veut dire : réponse à une lectrice

Par Vincent Clairmont Une lectrice me pose la question en commentaire : pourquoi le Courrier ne conseille-t-il jamais AuCOFFRE ou VeraCash pour les métaux précieux ? La question mérite mieux qu'une réponse de coin de table, parce qu'elle touche au cœur du sujet. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré. Gratuit. V


Rédaction

Rédaction

URSSAF : il déclare tout, on lui réclame quand même 17 837 €

URSSAF : il déclare tout, on lui réclame quand même 17 837 €

n auto-entrepreneur de l’Yonne fournit à l’URSSAF l’intégralité de ses factures, corrige ses déclarations et demande le recalcul de ses cotisations sur son chiffre d’affaires réel. Malgré cela, l’organisme lui réclame 17 837 € sur la base de montants qu’il sait inexacts. Le tribunal d’Auxerre vient d’annuler intégralement cette extorsion administrative. Mais combien de petits indépendants paient sans se défendre ? LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! TELEGRAM · L'INFO EN CONTINU


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany