Les tarifs des complémentaires santé augmenteront plus vite que l’ONDAM en 2020

Les tarifs des complémentaires santé augmenteront plus vite que l’ONDAM en 2020


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Les tarifs des complémentaires santé devraient augmenter de 3% en 2020 selon Thierry Beaudet, président de la FNMF. Ce pourcentage est à rapprocher des 2,3% prévus pour l’ONDAM par la loi de financement de la sécurité sociale actuellement en discussion. Même si la hausse des tarifs s’explique partiellement (malgré les dénis officiels) par la mise en place des restes à charge zéro, les organismes complémentaires devraient se méfier de leur tendance inflationniste.

Les tarifs des complémentaires santé devraient augmenter de 3% en 2020, selon Thierry Beaudet, président de la FNMF. L’indication mérite d’être calmement soupesée, car elle confirme une tendance dangereuse : l’augmentation plus rapide des tarifs des complémentaires comparés à ceux de la sécurité sociale. L’ONDAM en 2020 ne devrait en effet augmenter que de 2,3%.

Ce différentiel ne peut que nourrir les polémiques sur l’utilité d’organismes complémentaires dans le système français de soins.

Les tarifs des complémentaires santé en hausse de 3%, vraiment ?

L’annonce des 3% de hausse s’est faite à la sortie d’une réunion des assureurs avec Agnès Buzyn. L’ordre du jour portait sur la mise en place du reste à charge zéro à l’horizon du 1er janvier 2020. On se souvient que les assureurs s’étaient engagés à ne pas augmenter leurs tarifs en conséquence de cette mesure nouvelle.

La ministre n’a d’ailleurs pas manqué de le rappeler.

A la sortie de la réunion, Thierry Beaudet a dévoilé que la hausse moyenne des tarifs serait à l’unisson de ce qui se pratique depuis une dizaine d’années en moyenne : +3%.

On exprimera toutefois un doute sur ce chiffre. De notre point de vue, les hausses moyennes, particulièrement dans les assurances collectives, sont inférieures à ce chiffre. Nous y reviendrons dans les prochains jours.

La mauvaise réputation des complémentaires santé va continuer

Ce chiffre de 3%, nous l’avons dit, est supérieur à l’évolution de l’objectif national de dépenses de l’assurance maladie (ONDAM) pour 2020. Autrement dit, les tarifs des mutuelles augmenteront plus que ceux de la sécurité sociale.

Symboliquement, l’effet est désastreux. Personne dans le petit monde des complémentaires santé ne peut ignorer les campagnes régulières de dénigrement sur les frais de gestion et de commercialisation qui plomberaient les mutuelles. En augmentant leurs tarifs plus vite que le régime général, les organismes complémentaires confirment ces accusations.

On peut s’étonner que la FNMF ne prenne pas suffisamment la mesure du risque auquel elle s’expose.

Un effet du RAC 0 difficile à identifier

S’agissant des augmentations de 2020, les organismes complémentaires ne manquent pourtant pas d’arguments pour expliquer l’inflation des tarifs. Car il est un fait que la mise en place du Reste à Charge 0 va inévitablement coûter plus cher, tout en obligeant à dégrader les prestations.

Mais pour justifier l’augmentation des tarifs, il faut dissiper le malentendu que le gouvernement a instillé sur la « gratuité » de sa mesure. La stratégie traditionnelle de la FNMF, qui consiste à caresser le gouvernement dans le sens du poil, quelle que soit sa couleur politique, touche ici à ses limites. La doctrine officielle selon laquelle il serait possible d’augmenter les remboursements sans toucher aux tarifs ne tient pas, mais il faut une certaine dose d’insolence ou de provocation pour le dire haut et fort.

Des frais de gestion tôt ou tard épinglés ?

Reste que, tôt ou tard, les organismes complémentaires ne pourront faire l’économie d’un débat carré, et probablement violent, sur leurs frais de gestion. Il est en effet de notoriété publique, notamment dans les institutions de prévoyance, et probablement dans certaines mutuelles, que les effectifs sont pléthoriques pour des résultats parfois contestables.

C’est particulièrement vrai dans les groupes qui ont pratiqué des fusions successives et qui n’ont jamais adapté leurs effectifs aux économies d’échelle que ces fusions permettaient. Longtemps protégés par les désignations, ces groupes souffrent aujourd’hui le martyr, mais continuent à s’appuyer sur toutes les protections possibles ou imaginables pour retarder au maximum l’ouverture effective des marchés et le moment des inévitables rationalisations.

On peut comprendre les raisonnements « sociaux » qui sous-tendent ces effets retard. Mais, dans la  pratique, ils sont contraires à l’intérêt des assurés.


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