Le dollar n'est pas attaqué, il est contourné, par Thibault de Varenne

Le dollar n'est pas attaqué, il est contourné, par Thibault de Varenne


Partager cet article

On nous annonçait un grand soir monétaire. Une monnaie commune des BRICS, un étalon adossé à l'or ou aux matières premières, la fin proclamée du dollar à date fixe. Rien de tout cela n'a eu lieu, et le sommet de mai s'est clos sans communiqué commun, ce qui en dit long sur les désaccords qui demeurent entre Pékin, Moscou, New Delhi et Brasília.

Les commentateurs pressés y ont vu un échec. C'est mal lire. Le dollar n'a pas besoin d'être attaqué pour reculer. Il suffit qu'on le contourne.

Or il est contourné. Méthodiquement, sans fracas, transaction par transaction. La part du yuan dans les échanges à l'intérieur du bloc atteint, selon les données chinoises relayées par Xinhua, environ 70 % au premier trimestre de cette année, contre 51 % il y a deux ans. Entre la Russie et l'Iran, les règlements en yuan ont dépassé, au seul mois de mars, l'équivalent de 214 milliards de dollars — un record que TASS et Press TV présentent l'un et l'autre comme la nouvelle norme de leur commerce bilatéral. Ce ne sont pas des proclamations. Ce sont des écritures comptables. Elles pèsent davantage.

Il faut comprendre ce qui se construit, car c'est moins une bataille qu'un ouvrage. Pendant que les chancelleries débattent de symboles, les ingénieurs posent une plomberie. La plateforme mBridge, qui relie plusieurs banques centrales pour des paiements transfrontaliers en monnaies numériques, est entrée en service : Global Times rapporte qu'elle a déjà traité l'équivalent de plusieurs dizaines de milliards de dollars, dont l'essentiel en yuan numérique. Le système de compensation chinois, le CIPS, monte en charge mois après mois. Depuis la fin avril, un canal de paiement direct entre la Chine et l'Indonésie fonctionne sans passer par le réseau occidental. Chacune de ces briques est modeste. Mises bout à bout, elles dessinent un circuit parallèle où le dollar n'est plus la langue obligatoire des échanges.

Barbell 2026 : protéger votre épargne quand l’État lui-même devient le risque, par Vincent Clairmont
Le taux d’emprunt à dix ans de la France s’établit à 3,75 % au 22 mai, contre 3,06 % pour le Bund allemand : un écart de 69 points de base, soit près du double de la prime de risque observée début 2022. Dans le même temps, l’agence de notation KBRA
Comment sortir légalement son épargne de France ? par Vincent Clairmont
Face à l’arrivée de l’euro numérique et à l’effondrement de nos finances publiques, Vincent Clairmont explique comment, légalement, placer son épargne hors de la zone euro, c’est-à-dire COMMENT CHANGER LÉGALEMENT DE JURIDICTION. Le 17 octobre 2025, Standard & Poor’s a abaissé la note souveraine de la France de AA– à A+
« Vous fermez les urgences, on ramasse les morts » : Mamers privée d'urgences en pleine canicule
Photo by Cory Mogk / Unsplash

« Vous fermez les urgences, on ramasse les morts » : Mamers privée d'urgences en pleine canicule

Du 16 juillet au 3 août 2026, les urgences de l'hôpital de Mamers (Sarthe) fermeront jour et nuit, faute de médecins. Près de 300 manifestants, dont une centaine de soignants, ont crié leur colère 15 juillet devant l’établissement, sous des banderoles sans ambiguïté : « Urgences en grève, patients en danger », « Vous fermez les urgences, on ramasse les morts ». LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'actualité,


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany

Contrôleurs SNCF : jusqu'à 10 % de commission sur les amendes que vous payez à bord
Photo by Barthelemy de Mazenod / Unsplash

Contrôleurs SNCF : jusqu'à 10 % de commission sur les amendes que vous payez à bord

Alors que la SNCF est régulièrement critiquée pour ses retards, ses suppressions de trains et les grèves qui pénalisent des millions d'usagers, un mécanisme de rémunération choque les voyageurs. Les contrôleurs de la SNCF perçoivent jusqu’à 10 % des amendes qu’ils dressent, à condition qu’elles soient payées immédiatement à bord. Une « prime de perception » exonérée de charges et d’impôts qui interroge au sein d'un service public où les voyageurs n'ont souvent pas d'alternative. LE COUR


Lalaina Andriamparany

Lalaina Andriamparany