Le baril sous 90 $ : la fin d'un monde et d'un récit unipolaires

Le baril sous 90 $ : la fin d'un monde et d'un récit unipolaires

Le brut est repassé sous 71 $ malgré la guerre et la fermeture d'Ormuz. Ce que ce baril dit de la fin de l'unipolarité — et du réveil que la France refuse.

12 min de lecture

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Par Thibault de Varenne

Le pétrole a traversé une guerre et la fermeture du détroit d'Ormuz. Il en ressort moins cher qu'avant les premiers coups de feu. Ce que ce baril révèle du monde qui vient — et que Paris s'obstine à ne pas lire.

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Le 28 février, la guerre a fermé le détroit d'Ormuz. En mars, le Brent bondissait de plus de quarante pour cent ; le 9, il touchait cent dix-neuf dollars ; le 7 avril, cent trente-huit, un sommet qu'on n'avait plus vu depuis trois ans. Les chancelleries retenaient leur souffle. On annonçait le choc pétrolier de la décennie, la récession importée, les files aux stations. C'était écrit. Cela ne s'est pas produit.

Au seuil de juillet, le Brent est repassé sous soixante et onze dollars — son plus bas depuis la fin février. Le brut américain cote autour de soixante-huit. Le pétrole a traversé une vraie guerre, la fermeture d'un détroit par où transite le cinquième du brut mondial, et il en ressort moins cher qu'avant les premiers coups de feu. Voilà le fait. Il mérite qu'on s'y arrête, car il dit davantage que les communiqués.

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Ce qui a manqué au rendez-vous, ce n'est pas la tension : c'est la panique. Les tankers ont trouvé d'autres routes ; les flux ont repris — plus de dix millions de