Par Renaud Jacobs
Trente-sept États américains ont examiné des lois contre la « modification du temps ». L'agence fédérale de l'environnement a publié en urgence tout ce qu'elle sait des traînées d'avions. L'Assemblée nationale a enregistré une pétition sur la géo-ingénierie. Beaucoup d'activité juridique autour d'un phénomène officiellement inexistant. Renaud Jacobs a ouvert le dossier, pièce par pièce.
Une question revient avec une régularité qui m'a décidé à ouvrir le dossier. On me tend un téléphone : une vidéo, plusieurs millions de vues, un ciel strié de traînées blanches, une voix off qui affirme qu'« ils » nous aspergent. Et une question, toujours la même, chez mes étudiants d'IUT : monsieur, c'est vrai ?
J'ai l'habitude de répondre par une méthode plutôt que par une opinion : allons voir les documents. Or, sur ce sujet précis, les documents réservent des surprises — et pas celles qu'on croit.
Car voici ce que découvre celui qui s'y plonge. En avril 2024, l'État du Tennessee a inscrit dans sa loi l'interdiction de disperser dans l'atmosphère des substances destinées à modifier l'ensoleillement ou la météo. La Floride a suivi en juin 2025, la Louisiane aussi — dont la loi organise même l'enregistrement des signalements de « chemtrails » par l'administration. Au décompte d'avril 2026, trente-sept États américains avaient examiné des textes de ce type, et une proposition de loi fédérale attend au Congrès. En juillet 2025, l'agence fédérale de l'environnement a publié en urgence « tout ce qu'elle sait » sur les traînées d'avions. En France même, une pétition demandant l'arrêt des « pratiques de géo-ingénierie par le biais des traînées aériennes » a été déposée sur la plateforme de l'Assemblée nationale, et deux députés — dont un futur secrétaire d'État — ont interrogé le gouvernement sur le sujet.
Des lois, des registres de signalements, des pages officielles publiées en urgence, des questions parlementaires : voilà beaucoup d'activité juridique et administrative autour d'un phénomène dont on nous dit qu'il n'existe pas. Alors, que disent exactement ces textes ? Et que révèlent — ou pas — les documents officiels accumulés depuis vingt-cinq ans ?
C'est ce que nous allons regarder pièce par pièce.