Laboratoire de Wuhan : de nouvelles expériences à « haut risque » inquiètent

Laboratoire de Wuhan : de nouvelles expériences à « haut risque » inquiètent


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Si l’origine du Covid-19 continue à susciter de nombreuses interrogations, avec des théories divergentes concernant la transmission du virus à l’homme ou une possible fuite de laboratoire. L’Institut de virologie de Wuhan (WIV) est de nouveau au centre des débats scientifiques et politiques suite à la publication de nouvelles recherches sur un coronavirus de chauve-souris capable d’infecter des cellules humaines. Cette annonce relance les craintes d’expériences à haut risque, similaires à celles qui auraient pu déclencher la crise COVID-19.

Selon des experts, des scientifiques chinois de l’Institut de virologie de Wuhan (WIV), en Chine, prévoient de mener des recherches « inquiétantes », similaires à celles qui auraient pu déclencher la pandémie du Covid-19. Ils envisagent d’approfondir l’étude sur un coronavirus mortel découvert sur les chauves-souris, notamment sa capacité à se transmettre aux humains et à provoquer des maladies. Le document publié par le WIV met en avant la découverte d’un nouveau virus baptisé HKU5-CoV-2, capable de se fixer au récepteur ACE2 humain, tout comme le SARS-CoV-2 à l’origine du COVID-19. Les chercheurs chinois appellent à de nouvelles analyses sur des souches ayant des protéines de spike plus infectieuses, ainsi qu’à des tests sur des souris transgéniques humanisées.Dans un éditorial pour le Daily Mail samedi 04 mars 2023, l’ancien président Donald Trump avait accusé la Chine d’avoir propagé le virus à l’origine du Covid-19. Il soutient la théorie de la fuite de laboratoire. Il a déclaré faire pression pour que la Chine paie des « dommages et intérêts aux pays du monde entier ».

Des recherches dangereuses à Wuhan

Récemment, l’Institut de virologie de Wuhan a publié une recherche indiquant la découverte d’un coronavirus mortel qui peut pénétrer dans les cellules humaines comme le virus du Covid-19 sur des chauves-souris. Le document s’est conclu avec un appel à « des recherches plus approfondies ». L’objectif est de découvrir les souches dotées de protéines de pointe plus infectieuse et de réaliser des tests sur des souris humanisées.

Des experts ont lancé une alerte sur ces expériences futures puisqu’elles sont similaires à celles qui auraient pu déclencher la pandémie du Covid-19. Avant la pandémie, au moins 100 d’entre elles n’avaient jamais été rendues publiques. Le Dr Alina Chan, experte en biosécurité et co-auteure de Viral: The Search for the Origin of Covid-19, alerte :

« Le document se termine sur une note inquiétante, suggérant des expériences similaires à celles qui auraient pu provoquer la pandémie de COVID-19. Ils prévoient d’étudier l’effet des sites de clivage et la façon dont ils activent la spike de ces virus, ainsi que leur capacité à provoquer des maladies chez les souris humanisées. »

Pour rappel, l’origine de la pandémie du Covid-19 reste un grand sujet de débat. La Chine a toujours refuté les accusations selon lesquelles l’Institut de virologie de Wuhan aurait mené des recherches sur le « gain de fonction » du coronavirus, une manipulation génétique susceptible d’améliorer les propriétés biologiques d’un virus.Pékin persiste dans son récit d’une origine zoonotique, soutenue par le rapport de l’OMS de mars 2021. Pour autant,  de nouvelles allégations pointent un financement américain de ces recherches. En décembre, la CIA avait publié un rapport accusant la Chine d’une fuite de laboratoire à Wuhan comme origine probable du COVID-19,avec un « faible degré de confiance »,   alors que certains scientifiques continuent d’affirmer que la pandémie du Covid-19 est d’origine naturelle.L’idée que le SARS-CoV-2 serait le produit d’une collaboration hasardeuse entre des chercheurs chinois et américains complique davantage le débat. Les financements de l’EcoHealth Alliance pour des études sur le « gain de fonction »au laboratoire de Wuhan sont au centre de cette polémique.

Le retour d’expériences à haut risque ?

L’une des craintes majeures concerne les expériences de gain de fonction, qui visent à augmenter la capacité d’un virus à infecter les cellules humaines ou à se transmettre entre espèces. Certains scientifiques redoutent que les recherches sur le HKU5-CoV-2 puissent inclure ce type de manipulations.

« Beaucoup espéraient que le WIV s’éloignerait de ce type de recherches après la pandémie, mais il semble qu’ils poursuivent des expériences similaires, dans un centre-ville, avec des virus à risque », prévient Lord Ridley

Bien que certains scientifiques estiment que le COVID-19 provienne d’une transmission naturelle entre animaux et humains, aucune preuve concluante n’a été trouvée en cinq ans. L‘étude récente du WIV suggère même que les coronavirus des chauves-souris pourraient s’adapter directement aux récepteurs humains, ce qui remet en question la théorie d’un hôte intermédiaire.

Certains experts estiment que le HKU5 appartient à un groupe de coronavirus nommé merbecovirus. Certes, dangereux, il n’est pas aussi contagieux que le virus à l’origine du Covid-19. Il n’existe même pas de preuve de transmission interhumaine. Mais d’autres experts craignent que le laboratoire de Wuhan ne mène des expériences visant à accroître son niveau d’infectiosité, connues sous le nom de travail de gain de fonction.

Le Dr Gary McLean, chercheur à l’Imperial College de Londres, insiste sur la nécessité d’une surveillance renforcée : « Les autorités chinoises doivent garantir que ces recherches respectent des normes de sécurité rigoureuses pour minimiser le risque d’accident. »

Alors que les polémiques autour de l’origine du COVID-19 restent ouvertes, la publication de ces nouvelles recherches réveille le spectre d’un nouveau scandale scientifique et relance le débat sur la régulation des expériences en laboratoire.


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