Google renonce à la fin des cookies en pleine tourmente judiciaire

Google renonce à la fin des cookies en pleine tourmente judiciaire


Partager cet article

En 2019, Google a annoncé son intention de supprimer les cookies tiers de son navigateur web Google Chrome.  Depuis le 13 mars dernier, la solution alternative “Privacy sandbox” a été mise en place. Mais mardi, le vice-président de ce projet, Anthony Chavez a déclaré que le géant du numérique est finalement revenu sur sa décision. Les Cookies seront conservés dans leur forme actuelle.Alors que le géant du web fait face à des procédures judiciaires pour abus de position dominante, cette décision relance le débat sur l’équilibre entre vie privée des utilisateurs et modèle économique de la publicité en ligne.

Google a annoncé le maintien des cookies tiers sous leur forme actuelle, abandonnant ainsi son projet de les supprimer d’ici 2025. Ce revirement, motivé par des obstacles techniques, réglementaires et des pressions antitrust, impacte profondément l’écosystème publicitaire numérique.Une décision pragmatique qui soulève des questions sur l’avenir de la publicité numérique et de la protection des données.

Un abandon stratégique après des années de préparatifs

Ce n’est plus une rumeur. Google a annoncé officiellement mardi sa décision d’abandonner son projet de supprimer les cookies tiers. Cette annonce est attendue, vu que le géant du numérique a repoussé à maintes reprises l’application de la mesure, pour des raisons techniques et réglementaires. Pour rappel, la société a mis en place une solution alternative baptisée “Privacy Sandbox”. Elle consiste à maintenir les fonctionnalités publicitaires sans recourir aux traceurs web. Autrement dit, elle vise à maintenir les enchères publicitaires sans divulgation d’aucune information personnelle. Mais à priori, elle présente des défaillances.

C’est le patron de ce projet, Anthony Chavez, qui a fait l’annonce.

“Nous avons décidé de maintenir notre approche actuelle concernant le choix de l’utilisateur en matière de cookies tiers dans Chrome”

, a-t-il indiqué. Notons que le projet de Google de supprimer ces traceurs web a été une source de débat dans l’industrie publicitaire. Les experts du secteur craignaient le rejet des cookies, ce qui aurait perturbé l’écosystème.

Il faut souligner que la mise en place de la solution alternative a fait l’objet d’une surveillance stricte par les autorités de régulation, surtout l’Autorité de la concurrence (CMA) au Royaume-Uni, afin d’éviter tout risque d’abus de position dominante. Le bureau du commissaire à l’information (ICO) a également imposé un contrôle sévère afin d’assurer la protection de la vie privée. Les régulateurs sont censés valider le projet avant sa mise en œuvre définitive. Mais s’il a échoué, c’est parce qu’il est difficile d’assurer le maintien de la viabilité de l’écosystème publicitaire et le respect de la vie privée.

Les conséquences de cet abandon

Le développement du projet “Privacy Sandbox” a un coût. Selon de nombreux dirigeants du secteur, il a été financé à des centaines de millions de dollars. Il se trouve même que Google a attribué des aides à certains partenaires ad tech afin qu’ils puissent élaborer des solutions compatibles à Privacy Sandbox. Cette décision d’abandonner la fin des cookies tiers pourrait donc avoir des conséquences économiques assez lourdes pour le géant du numérique.

De plus, Google est déjà confronté à des problèmes d’ordre juridique actuellement. Aux Etats-Unis, la société vient d’être reconnue coupable d’abus de position dominante en exigeant l’utilisation conjointe de deux outils publicitaires. Elle est aussi accusée d’avoir monopolisé la recherche en ligne. Le géant de la Silicon Valley risque même de perdre son navigateur Chrome.

Cet abandon de la mesure anti cookies de Google  va calmer l’industrie publicitaire et les régulateurs. Il reste à savoir l’évolution du projet. Le géant du tech a affirmé son intention d’améliorer Privacy Sandbox et d’établir une feuille de route plus claire et plus efficace. “ A mesure que nous avons échangé avec l’écosystème-éditeurs, développeurs, régulateurs, acteurs publicitaires-, il est devenu clair que les opinions divergent fortement sur les évolutions à apporter aux cookies tiers”, a déclaré Anthony Chavez. Toutefois les efforts pour développer cette solution seront maintenus.

Reconnu coupable de monopole, Google pourrait être forcé de démanteler son empire numérique. Comme nous l’avions évoqué, le ministère de la Justice vise directement Chrome, accusé de favoriser injustement le moteur de recherche maison.  En attendant, l’abandon des cookies marque un recul historique dans la lutte pour une publicité plus respectueuse de la vie privée.


Partager cet article
Commentaires

S'abonner au Courrier des Stratèges

Abonnez-vous gratuitement à la newsletter pour ne rien manquer de l'actualité.

Abonnement en cours...
You've been subscribed!
Quelque chose s'est mal passé
La BCE relève ses taux, l'or corrige : le point patrimonial de la semaine

La BCE relève ses taux, l'or corrige : le point patrimonial de la semaine

Par Vincent Clairmont Chaque dimanche, je passe en revue ce que la semaine a changé pour votre épargne. Cette fois : la première hausse de taux de la BCE depuis 2023, la correction de l'or, la rechute du Bitcoin, l'euro contre le dollar, les livrets réglementés avant la révision d'août, les échéances fiscales de juin, l'entrée en vigueur du datamining DAC8. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'actualité, p


Rédaction

Rédaction

Ukraine : cette guerre que nous ne savons plus lire

Ukraine : cette guerre que nous ne savons plus lire

Par Thibault de Varenne — chronique Voici bientôt quatre ans et demi que la guerre dure à l'est de l'Europe, et nous avons cessé de la comprendre. Non que les faits manquent : ils abondent. Mais nous ne les lisons plus que dans une seule langue, celle d'un camp qui ne raconte que ses espérances. Lue depuis Moscou, Pékin et New Delhi, la carte dit autre chose. Essayons, pour une fois, de la lire avec les yeux des autres. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUI


Rédaction

Rédaction

Faut-il acheter du SpaceX ?

Faut-il acheter du SpaceX ?

Par Vincent Clairmont SpaceX fait son entrée au Nasdaq ce vendredi 12 juin, après un dépôt confidentiel auprès de la SEC le 1er avril : une levée visée jusqu'à 75 milliards de dollars — plus du double du record historique — pour une valorisation d'au moins 1 800 milliards. La question qui sature ma boîte depuis l'annonce tient en quatre mots : faut-il en acheter ? LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'ac


Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

AuCOFFRE, VeraCash ou pas ? Et ce que « détenir de l'or » veut dire : réponse à une lectrice

AuCOFFRE, VeraCash ou pas ? Et ce que « détenir de l'or » veut dire : réponse à une lectrice

Par Vincent Clairmont Une lectrice me pose la question en commentaire : pourquoi le Courrier ne conseille-t-il jamais AuCOFFRE ou VeraCash pour les métaux précieux ? La question mérite mieux qu'une réponse de coin de table, parce qu'elle touche au cœur du sujet. LE COURRIER DES STRATÈGES Restez libre ! LA NEWSLETTER · GRATUITE Le Courrier, chaque matin. L'essentiel de l'actualité, passé au crible par les cinq plumes du Courrier. Dans votre boîte, chaque jour ouvré. Gratuit. V


Rédaction

Rédaction