Gaza: comment Netanyahou utilise un gang lié à l’EI pour semer la terreur

Gaza: comment Netanyahou utilise un gang lié à l’EI pour semer la terreur


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Selon Avigdor Lieberman,figure majeure de l’opposition israélienne et ancien ministre de la Défense, Israël arme un gang composé de trafiquants de drogue et de criminels, ayant des liens avec l’État islamique (EI) à Gaza.Ces affirmations ont été confirmées par des responsables israéliens et des médias, soulèvant des questions sur les stratégies d’Israël pour combattre le Hamas, le détournement de l’aide humanitaire et le risque d’un nettoyage ethnique dans la région.

Avigdor Lieberman, figure majeure de l’opposition israélienne, a publiquement accusé Israël de fournir des armes à un petit gang djihadiste à Gaza, dirigé par Yasser Abu Shabab. Selon Lieberman, ce groupe, initialement composé de criminels, a adopté ces dernières années une idéologie salafiste-djihadiste et s’est aligné sur l’EI. Il affirme qu’Israël fournit à ce clan des armes légères et des fusils d’assaut, pour contrer le Hamas à Gaza. Le gouvernement israélien, y compris le Premier ministre Netanyahou, n’a pas nié ces allégations, des responsables admettant que cette stratégie a été recommandée par les chefs de la sécurité pour affaiblir le Hamas. Le gang effectuerait des tâches dangereuses – reconnaissance, surveillance, balayage de zones – pour le compte d’Israël.

Une milice incontrôlable

Le gouvernement israélien n’a pas démenti ces propos. Au contraire, le Premier ministre Netanyahou a confirmé l’existence de cette collaboration, justifiant cette politique par la volonté de « sauver la vie des soldats des FDI » en utilisant des acteurs locaux pour combattre le Hamas.

Les informations recueillies par Haaretz, le Financial Times et le Washington Post dressent un portrait inquiétant de ce gang.Yasser Abu Shabab, prétendu chef de ce gang, est un homme de 30 ans au passé criminel, notamment pour trafic de drogue et de criminels, le groupe d’Abu Shabab. Son groupe opère librement dans le sud de Gaza, sous l’œil bienveillant de l’armée israélienne.

Officiellement, cette milice serait un levier pour déstabiliser le Hamas. Mais selon l’analyste politique Muhammad Shehada, cette justification ne tient pas : « 300 trafiquants de drogue ne peuvent rivaliser avec les 30 000 militants du Hamas. » En réalité, ces bandes armées servent d’auxiliaires pour contrôler l’aide humanitaire et manipuler les populations civiles.

Le pillage de l’aide alimentaire : une arme contre la population

Depuis plusieurs mois, des rapports dénoncent le pillage systématique de l’aide humanitaire par ces bandes. Le Financial Times cite un mémo de l’ONU évoquant une « bienveillance passive, sinon active » des Forces de défense israéliennes (FDI). Des convois entiers sont interceptés, les marchandises revendues à prix d’or ou utilisées à des fins stratégiques.

Le Washington Post a confirmé que Yasser Abu Shabab est au cœur de ce réseau criminel. Sous la protection des FDI, son gang stocke et redistribue l’aide volée dans la zone frontalière sud de Gaza, une région largement sous contrôle militaire israélien.

La famille de Yasser Abu Shabab l’a publiquement dénoncé pour sa collaboration avec les forces israéliennes, notamment pour avoir ciblé des Palestiniens à Rafah. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des Palestiniens armés à Gaza équipés de matériel militaire de qualité, incluant gilets, casques et écussons intitulés « Anti-Terror Service » en anglais et en arabe, ce qui corrobore ces allégations.

L’ONU et d’autres sources notent que ces réseaux organisés ont remplacé les pilleurs individuels, opérant profondément dans les « zones rouges » du sud-est de Gaza, contrôlées par Israël.

Accusations de nettoyage ethnique

L’analyste palestinien Muhammad Shehada soutient que le soutien d’Israël au gang d’Abu Shabab sert un objectif plus sombre : faciliter le nettoyage ethnique. Il affirme que ce groupe, armé et soutenu par Israël, pille l’aide d’organisations comme le Programme alimentaire mondial de l’ONU et l’utilise pour attirer les Gazaouis affamés vers l’est de Rafah, près de la frontière égyptienne. Shehada prétend que cela s’inscrit dans une stratégie délibérée pour concentrer les Palestiniens dans un « camp de concentration » géré par cette « force de sécurité fantoche » criminelle, où des promesses de nourriture, de médicaments et de sécurité servent d’appât.

Le gouvernement israélien a admis avoir activé des clans à Gaza pour s’opposer au Hamas, Netanyahou déclarant que cela sauve des vies de soldats des FDI. Cependant, des responsables ont exprimé leur choc face aux « fuites graves et dangereuses » de Lieberman, affirmant que leur publication profite au Hamas. Le journal Haaretz a corroboré l’existence d’une nouvelle milice dans le sud de Gaza liée à Abu Shabab.


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