Elise Rochefort fait un point rapide sur le développement de l'hantavirus... dont le taux de létalité est important.

L'incident survenu à bord du navire d'expédition MV Hondius représente la première éclosion majeure de hantavirus documentée dans l'industrie de la croisière.
- Bilan actuel : 7 cas identifiés (2 confirmés par PCR, 5 suspects) incluant 3 décès.
- Localisation : navire actuellement au large du Cap-Vert, en route vers les îles Canaries pour rapatriement.
- Pathogène suspecté : le virus Andes (souche sud-américaine), dont la présence a été confirmée dans au moins deux cas.
Gravité : Le taux de létalité observé dans ce cluster avoisine les 43%, illustrant la sévérité du Syndrome Pulmonaire à Hantavirus (SPH).
Caractéristiques de la menace
Le hantavirus diffère radicalement des menaces sanitaires habituelles (type norovirus) par sa virulence et son mode de propagation.

Analyse du risque en croisière
Le risque global pour la population mondiale reste jugé faible par l'OMS, mais la vigilance est critique pour le secteur des expéditions.
- Hypothèses d'introduction : exposition pré-embarquement à Ushuaia (Argentine), présence de rongeurs "clandestins" dans le fret, ou propagation interhumaine entre contacts étroits (cabines partagées).
- Milieu confiné : les navires favorisent la promiscuité et le partage de systèmes de ventilation, augmentant les risques d'exposition aux aérosols viraux.
- Isolement : la distance des centres de soins intensifs (besoin d'ECMO) aggrave le pronostic vital lors des croisières en zones reculées.
Quelles réponses sanitaires possibles ?
La gestion repose sur une lutte antiparasitaire rigoureuse et des protocoles de santé stricts.
Mesures opérationnelles (navires)
- Contrôle des vecteurs : Usage obligatoire de garde-rats sur les amarres et inspections rigoureuses des provisions.
- Santé : Application stricte du Règlement Sanitaire International (RSI 2005) et détention de Certificats de Sanité de Navire (SSC) valides.
- Nettoyage sécurisé : Ne jamais balayer à sec des zones suspectes. Utiliser des désinfectants (javel) et des équipements de protection (masques N95).
Conclusion : Le hantavirus n'est pas une menace "de masse" comme le norovirus, mais sa létalité extrême exige une rigueur absolue dans les protocoles de dératisation et une capacité de détection rapide à bord.
