Le Conseil national de Renaissance a officiellement appelé Gabriel Attal à être candidat à la présidentielle de 2027, avec un score de 91 %. Une semaine après la démission d’Élisabeth Borne de la présidence du « parlement » du parti, l’ancien Premier ministre voit la voie partisane s’ouvrir. Pendant que le jeune ambitieux multiplie meetings et dédicaces, Édouard Philippe, déjà déclaré, évoque un « rassemblement » de façade. Derrière les votes internes, c’est la même machine macroniste qui se prépare à reconquérir le pouvoir.

Avec 91 % des voix au Conseil national de Renaissance, Gabriel Attal vient de franchir une étape décisive vers une candidature présidentielle en 2027. Derrière cette démonstration d’unité, le camp macroniste tente surtout d’organiser sa survie après Emmanuel Macron, alors même que plusieurs figures du pouvoir cherchent aujourd’hui à réécrire leur propre bilan politique.
Adoubé avant le débat
Mardi soir, le Conseil national de Renaissance avec 303 membres en théorie, aurait adopté une motion appelant son secrétaire général à se lancer dans la course à l’Élysée. Résultat : 221 voix pour (91 %), 22 contre (une primaire interne, l’horreur), 10 abstentions. Un score stalinien pour un parti qui se voulait laboratoire de la « nouvelle politique ».
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Ce score rappelle les votes d’antan : prévisible, écrasant, peu contesté. Fabienne Keller présidait « exceptionnellement » la séance. Élisabeth Borne, elle, a claqué la porte mercredi, expliquant ne pas se reconnaître pleinement dans la ligne Attal, « pas forcément débattue » en interne.

Pour mémoire, depuis la dissolution de l’Assemblée nationale fin 2024, Attal a méthodiquement pris le contrôle du parti fondé par Macron. L’ancien Premier ministre, propulsé à Matignon puis au secrétariat général, transforme Renaissance en instrument personnel. Sa candidature formelle doit intervenir avant le 1er octobre, validée ensuite par un vote des adhérents.
Philippe en embuscade, le même bloc
De l’autre côté, Édouard Philippe, candidat déclaré depuis fin 2024 et patron d’Horizons, réunit ses cadres et prépare un meeting le 5 juillet. Les deux anciens chefs de gouvernement parlent publiquement de « rassemblement ». Traduction : éviter une primaire fratricide qui exposerait les divisions du centre macronien face à une droite remobilisée et une gauche éclatée.

Les enjeux financiers et organisationnels restent opaques. Les deux hommes disposent de réseaux d’élus, de financements privés et d’appuis médiatiques hérités de l’ère Macron. Mais ni l’un ni l’autre n’a rompu avec les choix lourds des dernières années : dette publique record, dépenses publiques parmi les plus élevées d’Europe, régulation tatillonne et dépendance aux injonctions européennes.

Au fond, ce ballet interne révèle surtout l’incapacité du macronisme à se renouveler. Attal incarne la jeunesse technocratique, Philippe l’expérience rouennaise ; tous deux restent les produits d’une même caste qui a gouverné sans jamais inverser les tendances structurelles du déclin français : compétitivité en berne, immigration incontrôlée et endettement galopant.

En réalité, la campagne de 2027 a déjà commencé. Et le macronisme entre dans une phase délicate : convaincre les électeurs que ses héritiers représentent une rupture… sans jamais rompre avec l’héritage dont ils sont issus.




