De bonnes nouvelles pour la forêt? par Les Arvernes
(FILES) This file photo taken on August 24, 2019 shows an aerial view of burnt areas of the Amazon rainforest, near Porto Velho, Rondonia state, Brazil. – A fifth of Brazil’s soy and beef exports to the European Union (EU) come from illegally deforested land, according to an investigation – « The rotten apples of the Brazilian agribusiness » – published on July 16, 2020 by US magazine Science. (Photo by Carlos FABAL / AFP)

De bonnes nouvelles pour la forêt? par Les Arvernes


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Il faut faire entendre d'autres voix que les fondamentalistes de l'écologie. Nos amis du réseau des Arvernes nous propose de mettre en avant la lutte contre la déforestation.

La lutte contre la déforestation, politique écologique pragmatique

La lutte contre la déforestation s’est depuis quelques années imposée comme l’une des priorités essentielles en matière de protection de l’environnement. Si l’on considère qu’il y a un consensus sur le changement climatique, le rôle de la forêt en matière de captation de carbone émis dans l’atmosphère est bien établi. Pour les pays émergents producteurs de denrées agricoles et exportateurs de viande, un compromis difficile doit ainsi être recherché : jusqu’où mettre en exploitation des terres, au prix d’une réduction de la surface forestière ? Les pays développés consommateurs sont confrontés à un autre dilemme : jusqu’où, au nom de la protection de l’environnement qu’ils ont mis au frontispice de leurs préoccupations, porter préjudice au développement économique de pays dont les populations n’ont pas atteint le même niveau de développement ?

En ce domaine, alors que les mauvaises nouvelles pour le climat sont légion, il n’est pas interdit de penser que des améliorations sensibles se profilent. En effet, en matière de déforestation, s’il est une forêt, par la taille qui est la sienne, qui importe, c’est bien la forêt amazonienne. Deux évolutions favorables récentes – qui restent à confirmer – sont à cet égard à souligner.

 

Forêt amazonienne: une évolution à l’actif de l’Union Européenne

La première évolution est à mettre à l’actif de l’Union européenne (UE). Le 14 septembre dernier, le Parlement européen a ainsi adopté une législation destinée à lutter contre la déforestation importée. Parmi les mesures concernées, et sachant que le déboisement de l’Amazonie résulte pour partie des importations de l’UE en bois, soja, café, bovins, figure l’obligation pour les entreprises à garantir – y compris au travers de l’utilisation d’images satellitaires – que les biens mis sur le marché ne sont pas issus de territoires ayant fait l’objet d’un déboisement avant le 31 décembre 2019. Une telle évolution – qui doit encore être confirmée en codécision par le Conseil de l’UE, constitue un progrès. En elle-même car elle met bien l’accent sur le cœur du problème en matière de déforestation, c’est-à-dire le Brésil.

 

Sortir de l’hystérie sur l’huile de palme

Elle doit également mettre fin à forme d’hystérie en Europe qui concerne plusieurs produits figurant au rang des « usual suspects » des écologistes les plus idéologues. Parmi ceux-ci, l’huile de palme, brandie par certains comme un véritable épouvantail. Il ne suffit pas, à cet égard, de rappeler que si 90% de l’huile de palme importée en Europe est certifiée durable, si l’on en croit par exemple l’organisation des producteurs responsables d’huile de palme RSPO, laquelle compte dans ses rangs des acteurs aussi peu suspects en matière d’environnement que le WWF. Il faut aussi prendre en compte que si un pays se distingue par la proportion faible d’huile durable qu’il exporte, c’est bien le Brésil.

 

Lula plus attentif que Bolsonaro à empêcher la déforestation

La seconde évolution, tient à l’évolution de la situation politique brésilienne. Il ne s’agit pas ici de prendre parti l’un ou l’autre des candidats à l’élection présidentielle brésilienne. Cela étant, et quels que soient les mérites et les démérites de Messieurs Lula et Bolsonaro, force est de constater que, pour ce qui concerne la seule question de la déforestation, les choses sont assez claires : le Président Bolsonaro a tout au long de son mandat montré combien la déforestation de l’Amazonie n’était pas, à ses yeux, un problème. Sa probable défaite  – si les Brésiliens en décident – devrait donc avoir comme effet collatéral une meilleure prise en compte dans les années à venir de la question de la déforestation au Brésil.

 

Pour une écologie pratique, sans idéologie

Au total, alors que la crise énergétique est puissante et que la question écologique montre chaque jour plus sa redoutable complexité et ses effets délétères, il faut aussi reconnaître des évolutions positives. Des progrès en matière de déforestations sont à portée de main. Il faut les confirmer.


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